UE : le service diplomatique dirigé par Kaja Kallas menacé de suppression, selon Politico

UE : le service diplomatique dirigé par Kaja Kallas menacé de suppression, selon Politico Source: Gettyimages.ru
Kaja Kallas au siège du Conseil de l'Union européenne, le 18 mai 2026 à Bruxelles
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À Bruxelles, les critiques se multiplient contre le service dirigé par Kaja Kallas, censé coordonner la diplomatie de l’Union européenne. Plusieurs responsables jugent qu’il manque de clarté, de moyens et d’influence face à la Commission européenne, au point d’envisager sa suppression dans le cadre d’une réforme institutionnelle plus large.

Le Service européen pour l’action extérieure, chargé de coordonner la politique étrangère de l’Union européenne, traverse une crise qui met en question son avenir même. Plusieurs responsables européens souhaitent désormais supprimer cette structure dirigée par Kaja Kallas, rapporte Politico le 29 juin.

Créé en 2011 pour donner à l’Union européenne une voix unique sur la scène internationale, le service peine aujourd’hui à remplir ce rôle. Selon Politico, dix responsables et diplomates européens, actuels et anciens, décrivent une institution « privée de mission claire » et incapable de rivaliser avec les ressources financières et le poids politique de la Commission européenne.

Le constat est d’autant plus sévère que les critiques viennent de l’intérieur même des institutions européennes. Un responsable cité par Politico affirme qu’au sein de la Commission et du Conseil de l’Union européenne, certains voudraient dissoudre le service.

La Commission reprend l’avantage

Cette remise en cause s’explique d’abord par le partage flou des compétences à Bruxelles. Le Service européen pour l’action extérieure coordonne surtout les positions diplomatiques des États membres, tandis que la Commission européenne dispose des budgets, des instruments économiques et des leviers politiques nécessaires pour imposer son influence sur les dossiers extérieurs.

Selon Politico, de nombreux sujets internationaux passent ainsi progressivement sous l’influence de la Commission, notamment le commerce, l’industrie, les technologies, les migrations ou encore la défense. Cette évolution réduit peu à peu le champ d’action du service diplomatique européen et renforce la position d’Ursula von der Leyen.

Les tensions entre la présidente de la Commission européenne et Kaja Kallas accentuent ce malaise. Plusieurs responsables européens évoquent une rivalité entre les deux dirigeantes. Politico rapporte que Kaja Kallas aurait critiqué en privé le style de direction d’Ursula von der Leyen. Mais le média souligne aussi que le problème dépasse largement les personnes : il tient surtout au déséquilibre institutionnel entre les deux structures.

Le service fait également face à des fragilités internes. Plusieurs hauts responsables ont quitté sa direction pour rejoindre la Commission, qui concentre désormais une part croissante des dossiers extérieurs. Le service pourrait aussi être touché par de nouvelles coupes budgétaires lors des prochaines négociations financières de l’Union européenne, ce qui affaiblirait encore sa position.

Une diplomatie européenne divisée

Kaja Kallas tente de reprendre la main. Politico rapporte qu’elle a engagé une réorganisation de la direction du service et qu’elle prévoit de présenter de nouvelles réformes internes après l’été. L’objectif affiché est d’éviter une marginalisation plus forte du service dans la politique étrangère européenne.

Mais plusieurs responsables interrogés par Politico doutent que ces mesures suffisent. À leurs yeux, le problème est plus profond : l’Union européenne veut afficher une diplomatie commune, mais ses institutions se disputent encore le contrôle des principaux dossiers internationaux.

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