Indignation totale en Ukraine après l’appel d’un ancien ministre de Zelensky à «aller boire un café» en pleine coupure générale d’électricité à Kiev
Source: APAlors que Kiev est privée d’électricité depuis le 13 janvier, en pleine vague de froid, Dmytro Kouleba, ancien ministre des Affaires étrangères, a appelé les Ukrainiens à sortir «boire un café» et «déjeuner au restaurant» pour soutenir les petits commerces. Une déclaration déconnectée de la réalité, qui a déclenché la colère à travers le pays.
Le 19 janvier, Dmytro Kouleba, ancien ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, a publié sur ses réseaux sociaux un message qui a choqué une large partie de la population. Il y appelle les Ukrainiens à soutenir les petits commerces en consommant à l’extérieur. « Veuillez aujourd’hui boire votre café non pas à la maison, mais dans un café ou déjeuner dans un restaurant », a-t-il écrit.
Cette déclaration intervient alors que la situation à Kiev est particulièrement critique. Depuis le 13 janvier, la capitale ukrainienne est confrontée à un quasi-blackout. L’électricité est totalement ou partiellement absente dans tous les quartiers. En plein hiver, avec des températures descendant jusqu’à environ –15 °C, de nombreux habitants se retrouvent sans chauffage ni lumière.
Face à cette situation, les propos de Kouleba ont été perçus comme irréels. Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre.
Colère face à une déclaration jugée déconnectée en pleine crise énergétique
La publication de Dmytro Kouleba a suscité une vague de réactions négatives, largement alimentées par la situation énergétique que traverse le pays. De nombreux commentaires dénoncent l’inadéquation totale de son appel avec la réalité quotidienne, marquée par l’absence d’électricité, de chauffage et d’eau chaude. Les commerces, cafés et restaurants que Kouleba appelle à soutenir sont eux-mêmes contraints de fermer ou de fonctionner de manière très limitée.
« Quand nous survivons sans lumière, sans chauffage et sans eau chaude, les conseils du type “allez au restaurant ou dans un café” relèvent d’un cynisme total », écrit une internaute, comparant ces propos à une injonction hors-sol.
D’autres soulignent le fossé entre l’ancien ministre et la population : « C’est de l’hypocrisie. Tous vos messages sont adressés à des gens dont vous êtes totalement éloignés… comme si deux mondes différents existaient », peut-on lire sous la publication.
Un autre commentaire résume l’indignation générale : « Absolument déconnecté de la réalité. De quels cafés et restaurants peut-il être question quand les gens n’ont pas d’électricité chez eux et essaient simplement de survivre au froid ? »
Plusieurs internautes rappellent également que, dans les conditions actuelles, parler de sorties dans des cafés est perçu comme une provocation : « Nous n’avons pas d’argent pour les cafés. Nous n’avons même pas de lumière. »
Ces réactions traduisent un rejet massif d’une déclaration considérée comme révélatrice de l’isolement d’une partie de l’élite politique, incapable de mesurer l’ampleur de la crise énergétique vécue par la population.
Une crise provoquée par l’incompétence et la corruption
La crise énergétique en Ukraine, aggravée depuis octobre 2025, est de plus en plus perçue comme le résultat direct de la mauvaise gestion des autorités. Alors que les habitants endurent jusqu’à seize heures par jour sans électricité, les autorités ont instauré un régime d’urgence sans plan réel pour rétablir la situation. Le fournisseur d’énergie YASNO a confirmé que ces coupures allaient se poursuivre dans les semaines à venir.
De nombreuses écoles ont été contraintes de prolonger les congés scolaires ou de passer à l’enseignement à distance. Le fonctionnement des services publics et des commerces reste fortement perturbé.
La colère vise désormais les dirigeants eux-mêmes. À l’image de Dmytro Kouleba, jugé déconnecté, une partie de la population accuse l’ensemble du pouvoir autour de Volodymyr Zelensky d’avoir laissé le pays s’enfoncer. Pour beaucoup, ce sont des choix politiques désastreux qui ont plongé l’Ukraine dans cette impasse.
Le récent scandale « Mindich » a renforcé ce sentiment : plus de 100 millions de dollars ont été détournés au sein du ministère de l’Énergie. Alors que les Ukrainiens gèlent, cette corruption alimente un rejet profond d’un pouvoir jugé incompétent, corrompu, et incapable d’assurer l’essentiel.