«C’est à vous, peuple souverain, qu’il appartient désormais de décider» : au Japon, la Première ministre annonce la dissolution de la Chambre basse
© Andrew Harnik Source: Gettyimages.ruLa Première ministre japonaise Sanae Takaichi a annoncé ce 19 janvier qu’elle allait dissoudre la Chambre basse de la Diète et convoquer des législatives anticipées. Une décision visant à obtenir une majorité renforcée au Parlement, sur fond d'inflation et de tensions croissantes avec la Chine.
Portée par une cote de confiance oscillant entre 60 % et 70 %, selon le quotidien Nikkei Asia, Sanae Takaichi a annoncé ce 19 janvier sa décision de dissoudre la Chambre basse de la Diète et de convoquer de nouvelles élections législatives. Une dissolution, anticipée depuis plusieurs jours par la classe politique nipponne, qui doit prendre effet le 23 janvier, pour un scrutin anticipé prévu le 8 février.
« Pourquoi maintenant ? Parce que c’est à vous, peuple souverain, qu’il appartient désormais de décider si Sanae Takaichi est apte à exercer les fonctions de Première ministre », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse la cheffe du gouvernement, première femme à occuper ce poste dans l’histoire du Japon.
Cette annonce intervient dans un contexte délicat pour le Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir presque sans discontinuer depuis les années 1950. Le parti a pâti d’un énième scandale financier, lié à des caisses noires, révélé en 2023, ainsi que de son incapacité à endiguer l’inflation, qui demeure une préoccupation centrale des ménages japonais.
Portée à la tête du gouvernement fin octobre, après avoir remporté la présidence du PLD, Sanae Takaichi a succédé à Shigeru Ishiba, quelques mois après un nouveau revers électoral essuyé par le parti.
Dépenses « proactives » et hausse du budget de la défense
Dépeinte par certains observateurs comme la « dame de fer japonaise », Sanae Takaichi défend un programme de relance économique, plaidant pour des dépenses « proactives », tout en assumant une hausse du budget de la défense dans un climat régional marqué par des tensions avec Pékin autour de Taïwan. En novembre, la nouvelle Première ministre avait suscité de vives réactions en insinuant que Tokyo pourrait réagir militairement en cas d’intervention chinoise éventuelle à Taïwan.
Consciente que les enjeux de pouvoir d’achat pèseront lourd dans les urnes, la dirigeante conservatrice a assuré que le PLD ferait campagne sur une baisse ciblée de la taxation des produits alimentaires.
L’immigration pourrait également s’imposer comme un thème clé de la campagne. Lors des dernières élections à la Chambre haute, en juillet, le parti ultraconservateur Sanseito avait enregistré une percée remarquée en dénonçant ce qu’il qualifie d’« invasion silencieuse ». Sanae Takaichi pourrait ainsi durcir les règles en matière migratoire, sujet sensible dans une société nipponne confrontée de longue date au vieillissement de sa population.