Mélenchon menace de poursuivre le gouverneur de la Banque de France pour «acte de trahison»
© Mustafa Yalcin/Anadolu Source: Gettyimages.ruJean-Luc Mélenchon accuse le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin d’avoir appelé «implicitement les spéculateurs à sanctionner la France» dans le Financial Times. Le candidat LFI promet des poursuites en 2027 pour «trahison» après les alertes du gouverneur sur la dette et les taux d’intérêt.
Le mardi 6 octobre, en marge des manifestations lycéennes, le leader de La France insoumise a vivement réagi aux déclarations d’Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, estimant qu’elles constituent une prise de parti contre le pays et méritent une sanction judiciaire en cas de victoire des Insoumis.
Sur X, le candidat Insoumis à la présidentielle n’a pas mâché ses mots : « Le banquier central français, ancien collaborateur direct de Macron, prend publiquement parti contre son pays à l’étranger en appelant implicitement les spéculateurs à sanctionner la France à cause de mes propositions. C’est un acte de trahison. Il n’y aura pas de prescription en 2027. Il sera poursuivi pour cela. Ras-le-bol de ces soi-disant élites qui crient au drame qu’elles veulent créer pour peser sur le peuple ».
Le banquier central français, ancien collaborateur direct de Macron, prend publiquement parti contre son pays à l'étranger en appelant implicitement les spéculateurs à sanctionner la France à cause de mes propositions. C'est un acte de trahison. Il n'y aura pas de prescription en 2027. Il sera poursuivi pour cela. Ras-le-bol de ces soi-disant élites qui crient au drame qu'elles veulent créer pour peser sur le peuple.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 6, 2026
Ces propos visent l’entretien accordé la veille par Emmanuel Moulin au Financial Times. Le gouverneur y avertissait que, sans redressement des finances publiques, la France risquait d’être « progressivement étranglée par la hausse des taux d’intérêt ».
Il soulignait aussi que « la France n’est pas la Grèce au moment de la crise de la zone euro » et appelait à rester « maîtres de notre destin », tout en jugeant possible de rassurer les marchés par un budget de réduction des dépenses.
Emmanuel Moulin, the Governor of the Banque de France (central bank) to the Financial Times. 👇 #France #markets #economy #bonds #yields https://t.co/icvskcER42
— Mohamed A. El-Erian (@elerianm) October 6, 2026
À aucun moment Jean-Luc Mélenchon ou La France insoumise n’ont été cités directement et la communication de la Banque de France, sollicitée, n’a pas souhaité commenter. L’affrontement s’inscrit dans un bras de fer déjà ancien. En septembre, Emmanuel Moulin avait qualifié la proposition du candidat LFI d’annuler la part de dette française détenue par la Banque centrale européenne d’« illégale, dangereuse et inutile », estimant qu’elle reviendrait à sortir de la zone euro.
Nicolas Dupont-Aignan, candidat souverainiste à la présidentielle est un des rares dirigeants politiques à avoir réagit, et cela dans un registre critique envers le gouverneur évoquant une « Déclaration incendiaire et irresponsable du gouverneur [...] Décidément, la macronie prépare le chaos financier avant 2027. Il faudra VIRER tous ces nuisibles au plus vite ! ».
Déclaration incendiaire et irresponsable du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, dans le Financial Times ! La France risque d’être « étranglée par les taux d’intérêt ». Pompier pyromane sorti du sérail macroniste qui découvre (enfin) ce que nous dénonçons depuis des années. Il a lui-même contribué, à des postes clés, à l’explosion de la dette. Décidément, la macronie prépare le chaos financier avant 2027. Il faudra VIRER tous ces nuisibles au plus vite ! https://t.co/nxwLBrbAtz
— Nicolas Dupont-Aignan (@dupontaignan) October 6, 2026
Ce débat intervient alors que le taux d’emprunt français à 10 ans évolue autour de 4,86 %, nettement au-dessus de l’Allemagne, alourdissant la charge de la dette. Les Insoumis et le gouverneur s’opposent ainsi frontalement sur la trajectoire budgétaire et le rôle des institutions monétaires à l’approche de 2027.
