France : une pétition franchit les 100 000 signatures contre la présomption de légalité de l’usage des armes par les forces de l’ordre

France : une pétition franchit les 100 000 signatures contre la présomption de légalité de l’usage des armes par les forces de l’ordre© RS
Le député LR Éric Pauget (à droite), auteur de la proposition de loi.
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Une pétition opposée à une proposition de loi du parti Les Républicains sur l’usage des armes à feu par les forces de l'ordre a dépassé le seuil de 100 000 signatures. Le texte, examiné le 7 juillet, suscite un vif débat entre ses défenseurs, qui y voient une protection, et ses détracteurs, qui dénoncent une remise en cause de l’État de droit.

La pétition, publiée sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale et relayée par plusieurs députés opposés au projet, a atteint le 3 juillet le seuil symbolique de 100 000 signatures. Elle appelle les parlementaires à rejeter une proposition de loi portée par le parti Les Républicains (LR), qui prévoit d’instaurer une présomption de légalité lorsque les policiers et les gendarmes font usage de leurs armes à feu.

Les auteurs de la pétition estiment que cette mesure pourrait entraîner une augmentation des décès et des blessures causés par les forces de l’ordre. Ils soutiennent également qu’elle contreviendrait à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme en inversant la charge de la preuve au détriment des victimes présumées et en affaiblissant les garanties de l’État de droit.

Une rédaction modifiée mais toujours contestée

Initialement, la proposition de loi instaurait une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. À la suite d’un amendement du gouvernement, la formulation a été modifiée afin de faciliter son adoption.
Dans sa version actuelle, le texte prévoit que les policiers et les gendarmes, « lorsqu’ils font usage de leurs armes », sont « présumés avoir agi » conformément à la loi, tout en précisant que cette présomption peut être renversée par tout élément de preuve contraire.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait assuré en janvier que cette disposition ne constituait « pas une immunité » mais qu’elle visait à mettre fin au placement automatique en garde à vue des agents concernés après un usage de leur arme.

Des positions irréconciliables

Le député LR Éric Pauget, auteur de la proposition de loi, estime que cette réforme est nécessaire afin qu’« aucun policier, aucun gendarme » ne soit freiné dans l’exercice de ses fonctions par la crainte de poursuites injustifiées.

À l’inverse, les organisations et formations opposées au texte jugent que la nouvelle rédaction ne modifie pas le fond de la réforme. Le Conseil de l’Ordre du barreau de Paris a rappelé que l’État de droit implique que les forces de l’ordre ne bénéficient pas d’une immunité de principe. De son côté, La France insoumise (LFI) dénonce une mesure qui porterait « un coup historique à l’État de droit » et appelle à poursuivre la mobilisation.

Le franchissement du seuil de 100 000 signatures permet à la pétition de bénéficier d'une visibilité renforcée sur le site de l'Assemblée nationale. Si elle atteignait 500 000 signatures, elle pourrait faire l'objet d'un débat parlementaire spécifique.

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