La CJUE vient d’autoriser les poursuites pénales contre les personnes diffusant publiquement des contenus de RT. Pour Karine Bechet, l’Union européenne a définitivement emprunté le chemin de sa perte : celui du totalitarisme assumé.
La Cour de justice de l’UE vient de rendre une décision des plus étonnantes… et absolument ignorée par les médias européens. Une juridiction allemande s’est adressée à la CJUE pour savoir si trois Allemands, faisant l’objet de poursuites pénales pour avoir diffusé régulièrement, sur un site public non commercial, des contenus du média RT, pouvaient être considérés comme des « opérateurs » et voir ainsi leur responsabilité pénale engagée. Ils risquent tout de même jusqu’à cinq ans de prison.
En quoi un particulier, sur un site qui n’est pas commercial, ne peut-il avoir le droit de diffuser à sa convenance un contenu, tant que celui-ci n’est ni extrémiste ni pornographique ?
Théoriquement, la liberté d’expression devrait l’emporter. Il ne devrait pas y avoir de fondement à de telles poursuites. Mais ça, c’était « avant ». Avant l’arbitraire européen, qui vient de sauter, la corde au cou et la fleur au fusil, dans le vide du totalitarisme, au chant de la lutte contre la Russie. Et si le juge allemand hésite, le juge européen, lui, n’a aucun doute : le fanatisme ne laisse aucune place à l’hésitation.
Selon la justice européenne, autant qu’il soit possible d’appeler cela « justice », il est désormais possible de poursuivre pénalement les personnes diffusant publiquement, sur des sites ou sur les réseaux sociaux, des publications de Russia Today. Si vous avez un doute, et cela est normal, vous pouvez trouver tous les détails ici sur le site de la Cour. Vous êtes de toute manière responsable, comme si vous étiez un professionnel, comme si le support était commercial.
Cette interprétation extensive des concepts est en soi inacceptable. Toute norme contraignante en matière pénale doit logiquement être interprétée de manière stricte, la défense de la liberté devant primer.
Mais qu’importe l’état de droit, quand il s’agit de la Russie ?
La Russie est l’ennemi, donc les principes juridiques ne s’appliquent plus dès qu’ils risquent de « servir l’ennemi ». La logique de l’ennemi, introduite dans la mentalité européenne, détruit inexorablement la logique juridique. Le nihilisme juridique est en train d’achever l’état de droit. Puisque le politique prime désormais le juridique.
La peur panique produite par les médias russes sur les élites atlantistes européennes est un véritable signe de leur faiblesse.
La force des sociétés libérales face au communisme résidait justement dans leur souplesse, même si celle-ci était principalement affichée, face à une société communiste représentée comme rigide. Cela rassurait les populations en Occident et pouvait provoquer l’envie chez certains à l’Est. Nous sommes désormais dans un schéma inversé.
La répression et la rigidité sont à l’Ouest, et seuls les aveugles refusent encore de le percevoir. De nouvelles interdictions sont constamment adoptées, de nouvelles sanctions imposées, de nouvelles restrictions décrétées.
Ces procédés sont de véritables instruments de guerre mentale, utilisés contre les populations de l’Ouest, et ils deviennent profondément rédhibitoires pour les populations en Russie.
Comment, en effet, ces sociétés occidentales déstructurées, pourraient-elles fonctionner sans un régime de terreur mentale soft et de répression de moins en moins soft ? Pour l’instant, uniquement par le silence et le mensonge.
Qui a entendu parler, en Europe, des citoyens de leur propre pays interpellés pour n’avoir pas dit ce qu’il fallait à propos de la Russie, pour avoir eu l’outrecuidance d’apporter de l’aide humanitaire dans le Donbass, ou pour avoir diffusé une information alternative ?
Silence médiatique quasi total. Ce qui n’est pas dit n’existe pas dans la conscience sociale ; et ceux qui osent en parler sont de plus en plus persécutés. Essayez de trouver une information réelle, dans les médias européens, sur cette décision de la CJUE…
L’Occident, sous régime d’occupation globaliste, a peur du pluralisme. C’est bien la raison pour laquelle les médias russes ont été interdits. L’Occident a peur du pluralisme, car le discours politico-médiatique produit par ses élites ne résiste pas à la discussion, à l’argumentation. Sans tomber dans le monde d’Orwell.
Or, ce monde orwellien ne tient que par la contrainte permanente exercée par les élites contre les populations. Les gens ne doivent pas avoir accès à une autre information, donc les médias russes sont fermés. Puisqu’il est possible de trouver une information alternative dans les réseaux sociaux, il faut en limiter l’accès.
Les gens ne doivent pas réfléchir, se poser des questions, ni poser des questions dérangeantes. Des questions auxquelles il est impossible de répondre honnêtement sans provoquer la sidération. La meilleure solution consiste alors à placer les populations en situation de survie. Et les politiques néolibérales conduites depuis des années ont réussi à plonger nos pays dans des crises économiques et sociales telles que la majeure partie de la population a d’autres soucis en tête que de s’interroger sur le pluralisme de l’information.
La gouvernance par le chaos, c’est justement cela. Un chaos provoqué, entretenu, dosé et contrôlé. Afin d’être certain de ne pas laisser le temps de sortir la tête de l’eau plus que nécessaire pour reprendre le minimum vital d’oxygène, des crises sont régulièrement organisées. Que ce soit le Covid (dans sa dimension de test global d’obéissance des populations) ou, par exemple, les crises agricoles et l’extermination des troupeaux.
Comment se permettre le pluralisme, quand les « experts de plateau » vous déclarent sans ciller que la Russie recule, que Poutine est rejeté, alors que chaque jour des villages sont libérés par l’armée russe et que le rating du président dépasse 70 % ?
Comme la pression ne suffit plus à dissuader, il faut désormais entrer dans la répression directe et la reconnaissance d’une responsabilité pénale, avec possibilité de véritables peines de privation de liberté, pour ceux qui ne se soumettent pas.
Qu’y a-t-il de plus dangereux, pour un régime totalitaire, qu’une ouverture vers un autre monde ? Or les personnes qui diffusent l’information russe, en l’occurrence celle de Russia Today, ouvrent cette porte. Vers un monde où l’homme est au centre, où la famille est une valeur, d’où Dieu n’a pas été banni par l’Individu. Ce monde compact, fort, inacceptable pour les Globalistes.
Cela, pour eux, vaut bien cinq ans de prison. À tous ceux, qui pensent que ce n’est pas si grave, qu’ils l’ont bien cherché ces gens qui les empêchent de dormir éveillés, rassurez-vous : votre tour arrivera forcément. Chacun a son tour dans une société totalitaire. Sinon, cela veut dire que cette personne a disparu, dans sa dimension humaine, qu’elle s’est déjà noyée.
Les masques sont tombés. La voie de la dissidence est ouverte, à portée de chacun. Désormais, toute republication de RT devient un acte de résistance. Résistons, chers amis, résistons !
Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.
