Patrimoine immatériel : le Mali retrouve son siège au sein d’un comité de l’UNESCO
© X / Saheliens Source: Gettyimages.ruÉlu pour un mandat de quatre ans au Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, le Mali entend contribuer à la mobilisation des ressources et des efforts en faveur des éléments inscrits sur les listes de l’organisation, tant à l’échelle nationale que régionale.
Seize ans après avoir siégé au Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, de 2006 à 2010, le Mali fait son retour au sein de cette instance dédiée aux reconnaissances internationales, aux mesures de sauvegarde d’urgence et aux financements visant à préserver le patrimoine culturel immatériel.
Ce nouveau mandat de quatre ans, prévu pour la période 2026-2030, est perçu comme un succès diplomatique par la presse africaine. Le Mali pourra désormais contribuer à l’examen des candidatures aux listes de l’UNESCO, des demandes d’assistance internationale, de l’accréditation des organisations non gouvernementales et de l’utilisation du fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Ce mandat revêt une importance particulière pour un pays qui subit encore les répercussions de la crise de 2012, provoquée par les insurrections de groupes terroristes et séparatistes dans le nord et le centre du pays. Cette instabilité a mis en péril plusieurs pratiques rituelles, musicales, festives, artisanales et communautaires.
Trois éléments sur les listes du patrimoine culturel immatériel nécessitent une sauvegarde urgente
Au total, le Mali compte neuf éléments inscrits sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Parmi eux figurent les pratiques et expressions culturelles liées au balafon et au kolintang, la sortie des masques et marionnettes de Markala, la Charte du Mandén, l’espace culturel du yaaral et du degal, la réfection septennale du toit du Kamablon, case sacrée de Kangaba, les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues, les pratiques et expressions culturelles liées au M’bolon, ainsi que le Sanké mon, rite de pêche collective dans le Sanké.
Trois de ces éléments nécessitent une sauvegarde urgente et ont bénéficié, en 2023, d’une assistance financière de près de 100 000 dollars accordée par l’UNESCO. Cette situation souligne la nécessité de ne pas se limiter à la reconnaissance du patrimoine immatériel, mais d’en assurer aussi la transmission et la continuité.
Agir concrètement pour la sauvegarde du patrimoine
Certains éléments culturels inscrits à l’UNESCO sont partagés avec d’autres pays de la région, tels que le Burkina Faso, le Niger, l’Algérie ou encore la Côte d’Ivoire. Cette dimension confère une portée régionale à l’action malienne, appelée à mobiliser davantage de financements internationaux tout en accompagnant les communautés locales dans la sauvegarde de leurs cultures et la protection de pratiques rituelles menacées par l’instabilité sécuritaire.
L’enjeu, pour le Mali, est de protéger un patrimoine culturel immatériel perçu comme un levier de cohésion sociale, de mémoire collective et de rayonnement régional.