Troubles en Europe : Poutine rejette les accusations visant la Russie et juge qu'elles vont «trop loin»

Troubles en Europe : Poutine rejette les accusations visant la Russie et juge qu'elles vont «trop loin»© RIA NOVOSTI Source: Sputnik
Vladimir Poutine lors d'une visioconférence le 18 septembre 2026.
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Pour Vladimir Poutine, attribuer à Moscou les récentes manifestations européennes revient à détourner l’attention des difficultés internes du continent. Le président russe reproche à certains dirigeants de chercher un responsable étranger plutôt que d’examiner les revendications de leurs populations et les causes de la contestation dans leurs pays.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé, ce 25 octobre, que les accusations selon lesquelles Moscou serait à l'origine des récentes manifestations et violences dans plusieurs pays européens allaient trop loin. Interrogé par le journaliste Pavel Zaroubine, il a exprimé sa surprise face à ces mises en cause, estimant que leur caractère excessif était évident pour les citoyens européens eux-mêmes.

Cette réaction intervient après plusieurs semaines de contestation sociale en Europe. En France, les premières manifestations ont débuté à la mi-septembre, lorsque des lycéens ont réclamé une amélioration des conditions scolaires. La mobilisation s'est ensuite élargie à des personnes dénonçant notamment la hausse des prix.

En Italie, les rassemblements des 17 et 18 octobre ont été marqués par des violences et des pillages à Milan, où plus de 300 personnes ont été interpellées et près de 50 arrêtées.

En Albanie, des manifestants ont exigé la démission du Premier ministre Edi Rama, qui a refusé de quitter ses fonctions. De nouvelles mobilisations ont été signalées le 24 octobre dans ces trois pays, ainsi qu'en Belgique et en Espagne.

Poutine met en cause la responsabilité des dirigeants européens

Pour Vladimir Poutine, les accusations contre Moscou s'inscrivent dans une pratique récurrente consistant à désigner la Russie comme responsable de différentes crises. « Il n'y a rien de surprenant. Comme chacun sait, la Russie a toujours été accusée de tous les péchés capitaux », a-t-il déclaré.

Le président russe a souligné que les premières accusations avaient visé les États-Unis. Certains avaient initialement attribué les troubles à l'administration américaine et à son soutien aux partis et mouvements de droite. Le président russe s'est étonné que des pays européens mettent ainsi en cause Washington, leur principal allié et soutien militaire, avant de tourner leurs accusations vers Moscou.

Il voit dans cette succession de mises en cause le signe de « la faiblesse et l'incapacité de certains dirigeants européens à assumer la responsabilité de ce qui se passe ». Selon lui, plutôt que d'analyser les raisons des manifestations et les revendications exprimées par leurs propres populations, ces responsables préfèrent chercher des coupables à l'extérieur.

Moscou dénonce des accusations formulées sans preuves publiques

La réaction de Vladimir Poutine intervient dans un climat de tensions persistantes autour des accusations occidentales visant la Russie. Le 29 septembre, le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, avait appelé les pays alliés à attribuer publiquement à Moscou certains actes hostiles lorsqu'ils étaient « presque sûrs » de son implication, même en l'absence de confirmation définitive.

Cette question s'est notamment posée après l'incendie de locaux de l'entreprise de défense Milrem Robotics en Estonie, en août. Tallinn a mis en cause les services russes sans rendre publics les éléments permettant de vérifier cette attribution. Moscou a catégoriquement rejeté toute implication, dénonçant des accusations sans fondement.

Plusieurs autres affaires ont également vu les hypothèses initiales évoluer. Au Danemark, l'enquête sur de supposés drones près de l'aéroport de Copenhague s'est achevée en juin dernier sans preuve confirmant même la présence de ces appareils. Quant au sabotage des gazoducs Nord Stream, l'enquête allemande s'est orientée vers une autre piste, avec l'inculpation en juillet d'un ressortissant ukrainien soupçonné d'avoir coordonné l'opération.

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