Macron critique Netanyahou et appelle à une solution diplomatique au Moyen-Orient

Macron critique Netanyahou et appelle à une solution diplomatique au Moyen-Orient Source: AP
Emmanuel Macron à la cérémonie marquant le 86e anniversaire de l'appel à la Résistance, lancé par le général Charles de Gaulle, le 18 juin 1940, le 18 juin 2026
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Emmanuel Macron a critiqué la politique de Benjamin Netanyahou à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, tout en affirmant que la sécurité d’Israël ne pouvait pas passer par l’occupation de territoires voisins. Le président français a aussi salué l’accord entre Washington et Téhéran, présenté comme une étape fragile vers une désescalade régionale.

Emmanuel Macron s’est exprimé sur la situation au Moyen-Orient lors d’un entretien accordé à France 2, le 18 juin 2026, après le sommet du G7 organisé à Évian. Le président français est revenu à la fois sur l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran et sur la politique menée par Benjamin Netanyahou à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

À cette occasion, il a appelé le Premier ministre israélien à faire preuve de « responsabilité » et de « rationalité ». Macron a reconnu que Netanyahou avait obtenu des « résultats » en matière de sécurité, en protégeant Israël face à des menaces sécuritaires. Mais il a aussi estimé que le chef du gouvernement israélien ne disposait pas aujourd’hui d’une politique cohérente.

Le président français a rappelé qu’Israël avait le droit de se défendre après l’attaque du 7 octobre 2023. Il a toutefois jugé que l’offensive menée à Gaza ne s’était pas limitée à la lutte contre le Hamas et avait infligé un coup « injustifiable contre la population civile ».

La critique vise aussi la Cisjordanie, où Macron a dénoncé les nouvelles colonies, ainsi que le sud du Liban. Selon lui, cette stratégie « nourrit le ressentiment et la violence parmi tous les peuples de la région ». À long terme, cette ligne risque donc de se retourner contre les intérêts d’Israël.

Le dossier libanais et les garanties régionales

Emmanuel Macron a également insisté sur un point central : la sécurité d’Israël ne peut pas être garantie par la conquête de territoires voisins. Il a déclaré : « Israël doit être impliqué dans ce processus. Mais sa sécurité ne peut pas être assurée au prix de la conquête d’un territoire voisin ».

Le président français affiche donc sa ligne : reconnaître les préoccupations sécuritaires israéliennes, tout en rejetant une logique d’occupation ou d’expansion militaire.

Le dossier libanais occupe ici une place importante. La France se dit prête à aider l’armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire. Macron a précisé qu’il ne minimisait pas la menace représentée par le Hezbollah, mais qu’un accord régional devait définir clairement deux points : le retour du contrôle des armes par l’État libanais et les garanties de sécurité pour Israël.

L’accord Washington-Téhéran ouvre une phase incertaine

Ces déclarations interviennent aussi dans le contexte de l’accord conclu entre Washington et Téhéran. Sur France 2, Emmanuel Macron a résumé sa position par une formule simple : « C’est toujours mieux d’avoir un accord que la guerre ». Il a présenté ce texte comme l’ouverture d’une « nouvelle phase », fondée sur la coopération et le dialogue.

L’accord prévoit un cessez-le-feu immédiat, la réouverture du détroit d’Ormuz et de nouvelles discussions sur le programme nucléaire iranien, les capacités balistiques de Téhéran et la sécurité régionale. Macron a cependant reconnu que la guerre n’était pas forcément « totalement terminée ».

La France, qui n’a pas participé aux opérations militaires, n’a pas non plus obtenu de garanties directes sur l’après-accord. Dans ce dossier, Paris tente de se présenter comme un acteur diplomatique, mais ses marges restent très limitées.

Les déclarations de Macron traduisent surtout une inquiétude face à la stratégie de Netanyahou, jugée dangereuse pour l’ensemble de la région. Elles interviennent au moment où l’accord entre les États-Unis et l’Iran ouvre une période de désescalade encore fragile.

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