Même si le président américain Donald Trump a signé un mémorandum d'entente entre les deux pays sur la fin de la guerre en Iran, l'avenir de cet accord reste fragile. Explications du politologue et spécialiste de l’Amérique du Nord Malek Doudakov.
Au moment le plus critique, l’accord entre les États-Unis et l’Iran est sur le point de tomber à l’eau. La délégation de la Maison Blanche retarde son arrivée en Suisse pour la signature finale. Il est clair que des tentatives se manifestent pour le modifier au dernier moment.
Et très probablement, du côté américain en particulier. J.D. Vance et d’autres apparatchiks de Trump ont tenté frénétiquement toute la journée d’hier de « vendre » leur accord à la classe politique américaine. Sans succès : l’accord est qualifié de capitulation de l’Amérique, et de nombreux républicains au Congrès ainsi que des figures médiatiques se sont prononcés contre sa signature.
Cependant, la société américaine est déjà profondément lasse de la guerre. Selon de récents sondages, plus de 60 % des Américains estiment que la décision d’attaquer l’Iran avait été une erreur. Près de 90 % des Américains jugent prioritaire d’éviter une guerre prolongée au Moyen-Orient. Cette question les préoccupe davantage que le programme nucléaire iranien.
L’impact de l’accord se fait déjà sentir : aux États-Unis, le prix du carburant est redescendu sous la barre des 4 dollars le gallon pour la première fois depuis mars. Cependant, la cote de popularité de Trump, notamment sur les questions économiques, demeure extrêmement basse. Le traumatisme causé par la guerre continuera de hanter longtemps les électeurs américains.
60 % des Américains ont une perception négative de la politique de Trump, et 45 % d'entre eux se voient contraints de renoncer à partir en vacances durant l'été 2026. L’accord devra donc être signé malgré tout, même s’il sera difficile de le présenter comme une victoire des États-Unis. Les faucons et le lobby israélien vont désormais tout faire pour faire capoter l’accord et provoquer une nouvelle guerre. Ils savent qu’une telle occasion ne se représentera probablement pas.
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