Le Liban au cœur d’une nouvelle architecture d’équilibre pensée par le Qatar
© Getty ImagesLe Qatar mène une médiation régionale reliant le dossier iranien à la stabilité du Liban. Riyad, Ankara, Damas et d’autres acteurs soutiennent une approche fondée sur le cessez-le-feu et le dialogue. L’objectif est de protéger le Liban et d’éviter qu’une crise locale ne provoque une déstabilisation régionale plus large.
Le Qatar a réaffirmé son rôle sur la scène régionale en plaçant le Liban au centre d’une stratégie diplomatique plus large visant à limiter l’escalade entre les États-Unis et l’Iran. Cette dynamique s’inscrit dans une coordination accrue avec plusieurs capitales du Golfe et acteurs régionaux cherchant à éviter une reprise des conflits et à préparer les bases d’un nouvel accord régional.
Alors que le président américain Donald Trump ordonnait des frappes contre l’Iran, ces derniers jours une délégation qatarie poursuivait discrètement des discussions avec Téhéran autour de plusieurs dossiers sensibles : la réouverture du détroit d’Ormuz, le déblocage des avoirs iraniens gelés et la création d’un mécanisme de négociation limité dans le temps pour relancer le dialogue sur le nucléaire.
Selon un article de L'Orient Le Jour, Doha aurait obtenu des avancées sur certains points, permettant de maintenir ouverte une fenêtre diplomatique et d’éviter une rupture totale. Le Qatar a également œuvré pour que les pays du Golfe soient associés aux discussions futures avec l’Iran, afin d’éviter leur marginalisation comme lors de l’accord de 2015.
Les pays du Golfe au chevet du Liban
Parallèlement, Doha a intensifié son engagement au Liban. La conviction dominante est que le pays ne peut être dissocié des recompositions régionales en cours. En coordination avec l’Arabie saoudite et la Turquie, le Qatar a soutenu des efforts visant à consolider l’arrêt des hostilités israéliennes contre le Liban et à empêcher une extension du conflit.
Toujours selon le quotidien libanais, cette approche s’est traduite par une série de consultations impliquant Riyad, Ankara, Damas et Washington. D'ailleurs, la décision saoudienne de rouvrir son marché aux exportations libanaises le 10 juin a constitué un signal politique fort, renforcé par les échanges menés avec les responsables libanais afin de préserver la stabilité institutionnelle et d’encourager une meilleure coordination entre les centres de pouvoir du pays.
Dans le même temps, les spéculations sur une éventuelle implication syrienne contre le Hezbollah ont perdu en crédibilité. Le discours d'Ahmed el-Chareh le 11 juin met davantage l’accent sur la coopération économique, la sécurisation des frontières et la construction d’une relation renouvelée avec Beyrouth, fondée sur la complémentarité plutôt que sur l’ingérence.
Les pays du Golfe et la Syrie s'activent ainsi en coulisses pour ne pas marginaliser davantage le Liban face à Israël.