«Il est fou» : en France, Bruno Le Maire fait l'unanimité contre lui après sa proposition de scolariser les enfants dès un an
© Horacio Villalobos / Corbis Source: Gettyimages.ruL'ancien ministre français de l'Économie – pour l'heure non candidat à la présidentielle – a suggéré d'abaisser l'âge d'entrée en maternelle «de 3 ans à 1 an» afin de pallier la chute du niveau scolaire en France. Une proposition d'énarque, père de quatre enfants, jugée déconnectée de la réalité par bon nombre d'observateurs.
« Pour moi il faut avancer la maternelle de 3 ans à 1 an », a déclaré le 8 septembre sur le plateau de CNews Bruno Le Maire, ancien ministre français de l’Économie et des Finances (2017 – 2024). Une proposition faite afin de pallier l’effondrement du niveau des élèves français en mathématiques et compréhension écrite, constaté par l’étude Pisa dont les derniers résultats venaient d'être publiés par l’OCDE.
« Se retrouver là, c’est totalement désespérant […] il faut véritablement repenser notre modèle éducatif », a estimé celui qui, durant sept ans, a fait partie des gouvernements sous Emmanuel Macron.
Une proposition, qui, en plus, vient d’un père de quatre enfants qui n’a pas manqué de faire réagir, « Et pourquoi pas les scolariser dès leur sortie de la maternité », a ironisé sur la même chaîne, Marion Maréchal. « Les maîtresses passeraient plus de temps à changer les couches qu’a apprendre les maths et le français », a souligné la présidente du mouvement Identité-Libertés et eurodéputée.
Des réactions qui sont allées bien au-delà de la classe politique et des professionnels de la petite enfance. « Franchement, l’école à un an ? Il est fou », a lancé sur CNews Vincent Hervouet, éditorialiste politique étrangère d’Europe 1. « Puis l’usine à 10 ans et la retraite à 70 ans… il est tombé sur la tête ! » a-t-il enchaîné.
B. Lemaire propose d'avancer la maternelle à 1 an : "Mais franchement, l'école à 1 an, il est fou ! Puis l'usine à 10 ans, puis la retraite à 70 ans. Il est tombé sur la tête !" déclare Vincent Hervouët
Même tonalité, sur Europe1, de la part du directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect Arthur de Watrigant, qui a concédé « je reconnais qu'au début je me suis dit qu'il est complètement fou ». « Mettre un enfant d'un an à l'école pour lutter contre les inégalités ou pour lutter contre la chute du niveau, je vous promets que j'ai essayé vraiment de faire beaucoup d'efforts, mais je n'ai pas trouvé de lien », a-t-il ajouté.
« Et pourquoi pas dès la naissance ? »
« J'ai cru que c'était Le Gorafi » a raillé auprès de BFMTV Florence Comte, directrice d'une école élémentaire dans le Var et secrétaire du Syndicat des directeurs et directrices d'école. « Et pourquoi pas dès la naissance ? » a ironisé, auprès de la même chaîne, Agnès Florin, professeure émérite de psychologie de l'enfant et de l'éducation à l'université de Nantes.
« Ce n'est pas sérieux […] ce genre de proposition témoigne d'une méconnaissance totale du secteur de la petite enfance, mais aussi de ce qui se joue à l'école maternelle », a-t-elle ajouté, estimant qu’« on marche sur la tête ». « C'est complètement hors-sol », s’est indigné, toujours auprès de BFMTV, la co-secrétaire générale du Syndicat national des professionnels de la petite enfance, Véronique Escames, et d’ajouter « Qu'est-ce qu'un enfant de 1 an ferait à l'école? ».
« Il faut être sacrément déconnecté pour sortir quelque chose comme ça », a lâché au Figaro Mathilde Boulard, présidente de l'association Liberté parentale et enseignante en maternelle.