Retour de Xenia Fedorova à l’antenne de CNews : un ministre français menace la chaîne de «sanctions pénales»
© Thierry NECTOUX/Gamma-Rapho Source: Gettyimages.ruLe quotidien Le Monde a révélé que le ministre français de l’Intérieur a adressé le 9 septembre un «signalement» au président de l’Arcom, stipulant que si la chaîne CNews venait à faire passer l’ancienne directrice de RT France à l’antenne – et ce même si elle n’était pas rémunérée – la chaine privée s’exposerait à des «sanctions pénales».
« Je tenais à porter à votre connaissance que cette situation contrevient directement aux mesures d’expulsion et de gel des avoirs qui viennent d’être prononcées et est à ce titre susceptibles de soulever plusieurs qualifications pénales », a écrit Laurent Nuñez dans un « signalement » adressé au président de l’Arcom, Martin Ajdari, révélé par le quotidien Le Monde.
Selon le locataire de la place Beauvau, un retour à l’antenne de Xenia Fedorova constituerait un « contournement » des mesures prises par Paris à l’encontre de la journaliste, « ainsi qu’une facilitation des actions d’ingérence qui lui sont reprochées ». « Il me semblait opportun de porter à votre connaissance cette analyse, sans préjudice des poursuites pénales qui pourront être engagées », a ajouté l’ancien préfet de police de Paris (2022 – 2025) auprès du régulateur de l’audiovisuel français.
Dans la foulée du début de l'opération militaire spéciale en Ukraine, Paris – qui a pris fait et cause pour Kiev – avait évincé les médias russes du paysage audiovisuel national. Fin juillet, Xenia Federova, ancienne directrice de RT France, qui intervenait comme chroniqueuse dans plusieurs médias du groupe Bolloré, dont la chaîne CNews, avait été la cible d’une mesure d’expulsion, sous prétexte que sa présence en France constituerait « une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public ». Une censure arbitraire, dont s’était – notamment – réjoui le quotidien Le Monde.
L’annonce, par CNews, du retour prochain de Xenia Federova sur ses ondes a provoqué l’ire du gouvernement, en premier lieu du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se déclarant au micro de France Inter « très étonné et assez affligé ». Celui-ci s’était illustré fin décembre 2025 en annonçant depuis Bruxelles des sanctions à l’encontre notamment du Français Xavier Moreau qu'il avait qualifié de « relais de la propagande du Kremlin en Europe ».