Nuñez durcit la lutte contre l’entrisme et le séparatisme

Nuñez durcit la lutte contre l’entrisme et le séparatisme© Compte X @NunezLaurent
Laurent Nuñez, le 3 mai 2026
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Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a détaillé dimanche 3 mai, son projet de loi visant à combattre «toutes les formes de séparatisme et d’entrisme». Plus large que la proposition de Bruno Retailleau, le texte s’attaque aussi bien à l’islamisme qu’aux groupes ultraviolents d’extrême droite. Il doit être présenté dans les prochaines semaines.

Le ministre de l’Intérieur a présenté le 3 mai dans les colonnes du Monde un projet de loi actuellement examiné au Conseil d’État. Celui-ci entend aller plus loin que la proposition de loi de Bruno Retailleau sur l’« entrisme islamiste », examinée mercredi 29 avril au Sénat et jugée « œuvre inachevée » par Laurent Nuñez. « Nous avons traité le terrorisme, le séparatisme, la radicalisation violente… Aujourd’hui, nous nous attaquons à l’entrisme », a-t-il déclaré. Le texte ne ciblera pas seulement l’entrisme islamiste, mais « toutes les formes de séparatisme et d’entrisme », y compris les groupes qualifiés « d’ultradroite » ou ceux qui « incitent à la discrimination, la haine, la violence » ou « ont pour vocation d’attenter à la République ».

 

Un entrisme décrit comme diffus et insidieux

 

Laurent Nuñez définit l’entrisme comme des « comportements extrêmement diffus » : « Pas de rupture affichée, l’apparence d’une adhésion aux règles de la République » mais « une stratégie de noyautage dans le but in fine d’imposer la loi religieuse par des manœuvres trompeuses, des pressions, des menaces ». Il a tenu à rassurer : « Moi, je n’ai pas de problème avec un islam en France […] Je combats ceux qui l’utilisent sans fondement pour porter atteinte à nos principes républicains ».

Et d’ajouter : « Dans votre sphère privée, vous faites ce que vous voulez », mais « vous ne pouvez pas exiger du service public qu’il adopte une organisation particulière conforme à vos préceptes religieux ».

Début avril, le ministre avait été désavoué alors que le tribunal administratif de Paris avait autorisé, contre une de ses décisions, le plus grand rassemblement musulman d’Europe au Bourget.

Parmi les principales mesures figure un huitième motif de dissolution des associations pour entrisme. Seront visées les structures qui « s’affranchissent des règles communes » pour faire prévaloir des principes incompatibles avec les valeurs républicaines. Le texte permettra également d’« interdire d’activité » en France des organisations basées à l’étranger, notamment celles dissoutes en France et reconstituées ailleurs, comme le Collectif contre l’islamophobie en France. Un liquidateur devra être désigné pour empêcher le transfert des biens vers des structures similaires.

Le projet allonge par ailleurs de un à trois ans le délai pour s’opposer à des publications dangereuses pour les jeunes appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence. Il autorise le gouvernement à interdire rapidement des ouvrages contenant des passages homophobes ou négationnistes.

Les réactions sont assez hostiles sur les réseaux sociaux. Le journaliste Pierre Januel estime que le ministre demeure « assez flou sur le texte et semble s'en remettre au Conseil d'État ».

L’annonce a aussi suscité des critiques, notamment à gauche. Le ministre a d’ailleurs donné une teinte très politique à sa démarche. À moins d’un an de la présidentielle, il a ainsi déclaré, dans la lignée des déclarations présidentielles d’après les élections municipales, qu’il était  « indéniable que le terreau le plus favorable pour accueillir des tenants de l’entrisme se situe du côté de LFI ».

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