Finlande : comment la russophobie détruit un pays

Finlande : comment la russophobie détruit un pays Source: Gettyimages.ru
Finlande : comment la russophobie détruit un pays [photo d'illustration]
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En quelques jours, l’actualité autour de la Finlande donne à voir une accumulation de russophobie primaire, sur fond d'aveux sur l’effondrement rapide du pays. Pour Alexandre Regnaud, ces deux phénomènes sont, bien entendu, indissociables.

Toute à la honte d’avoir été une alliée fidèle de l’Allemagne nazie et d’avoir perdu face à l’Armée rouge, la Finlande avait fait le choix, depuis 1945 et jusqu’en avril 2023, de se déclarer neutre. Ce statut lui permettait d’être respectée à la fois à l’Est et à l’Ouest. Dans ce cadre, ses 1 300 km de frontière commune avec la Russie avaient permis de développer des liens étroits entre voisins. La Finlande achetait de l’énergie bon marché, les Russes faisaient leurs courses de l’autre côté de la frontière, faisant littéralement vivre toute une économie.

Tout change dans le sillage de la guerre en Ukraine. Le gouvernement social-démocrate de Sanna Marin décide alors de rejoindre l’OTAN en mai 2022. Ce sera fait en avril 2023, dans une rare unanimité politique. Sanna Marin perd les élections dans la foulée, et depuis, la Finlande est dirigée par les conservateurs. Sans changement majeur puisque la politique est la même, outrancièrement russophobe. Et le résultat est équivoque : la destruction de l’économie du pays.

Pour la russophobie, tenons-nous-en uniquement à ces derniers jours, qui se révèlent déjà amplement suffisants.

Cela commence avec la proposition de loi déposée au Parlement le 22 avril, visant à autoriser l'importation et le stockage d'armes nucléaires en Finlande — sous-entendu des armes américaines compatibles avec les F-35 déjà achetés par le pays en 2021, dans le cadre d’un contrat de 10 milliards d’euros.

Soit une menace claire à destination de la Russie, et le dernier outrage au passé de neutralité du pays. Le tout justifié par la nouvelle appartenance à l’OTAN.

Ensuite, ce même 22 avril, dans une interview au South China Morning Post, la ministre des Affaires étrangères, Elina Valtonen, annonce que la Finlande s’opposera, en utilisant son veto, à un éventuel projet d’accord commercial entre l’Union européenne et la Chine. Sa justification : les liens de la Chine avec la Russie constitueraient un « facteur disqualifiant ». En gros, la Finlande veut imposer à la Chine d’abandonner la Russie. 

Dans sa politesse habituelle, Pékin a invité la Finlande à « considérer de manière rationnelle et objective les relations de développement normal que la Chine entretient avec d'autres pays ». C’est-à-dire un appel à retrouver la raison pour un pays de 5,6 millions d’habitants qui se prend pour une superpuissance. 

Autre épisode, le refus par la Finlande, officialisé le 25 avril, d’accueillir les championnats internationaux de natation tant que World Aquatics (la Fédération internationale de natation) autorisera les athlètes russes et biélorusses à concourir. En réponse, World Aquatics défend sa décision et affirme que le sport devrait unir les athlètes de tous les pays. Une évidence. 

Bref, une fin avril particulièrement russophobe pour la Finlande. Ce qui nous oblige naturellement à faire un parallèle avec une autre déclaration et d’autres décisions, justement à la même période. 

En effet, ce même 25 avril, dans un entretien sur la chaîne publique finlandaise Yle, la ministre des Finances, Riikka Purra, annonce que « l'état des finances publiques est extrêmement difficile », avec un ratio dette/PIB proche de 90 %, un chômage élevé, une croissance atone et une population vieillissante.

Il faut dire que le taux de chômage est de 11,1 %, le plus élevé de l’UE, et en nette progression, puisqu’il n’était que de 6,7 % en 2022. Le coût de la vie reste supérieur d’environ 12 % à celui de l’Allemagne. Le pays demeure par ailleurs dépendant des importations d’hydrocarbures, et la consommation d'énergie par habitant est deux fois plus importante qu’en Allemagne, notamment en raison du climat. Énergie qui ne vient désormais plus de Russie, ni à prix avantageux… 

La dette publique, elle, connaît la dégradation la plus rapide et la plus spectaculaire de l’UE, passant de 74 % du PIB en 2022 à près de 90 % aujourd’hui. Ensuite, elle s'envole littéralement à la suite des politiques russophobes (77 % en 2023, 82 % en 2024, 88 % en 2025, etc.). L’opposition évalue la progression autour de 17 milliards de déficit par an. 

Alors le gouvernement prend des décisions. Le 22 avril, le Premier ministre Petteri Orpo annonçait, pour la planification budgétaire 2027-2030, faire passer des coupes d’austérité de 520 à 540 millions d’euros, incluant 240 millions d’euros de coupe dans la protection sociale, le bien-être et à la santé. 

On pourrait trouver cela normal en période difficile (même si cette période a été entièrement induite par leur propre politique). 

Sauf que dans la même présentation budgétaire, des fonds supplémentaires sont prévus pour renforcer les capacités de défense contre des drones russes imaginaires. Et plus généralement, l'objectif est fixé d'augmenter les dépenses de défense, passant de 1,7 % du PIB à l’origine d’après la Banque mondiale, à une prévision de 3,2 % d'ici 2030, et un rapprochement de l'objectif de l'OTAN de 3,5 % d'ici 2035. Le tout dans un gaspillage habituel, à l’exemple des 65 millions d'euros investis dans des uniformes neufs, mais qui tombent en lambeaux

Cerise sur le gâteau : alors que le ministre annonce 240 millions en moins pour la santé des finlandais, dans le même budget, l’aide militaire à l'Ukraine est augmentée de 300 millions d'euros. 

Et le lendemain de l’annonce, le 23 avril, le « prêt » de 90 milliards d’euros à l’Ukraine était approuvé avec la voix de la Finlande, auquel elle participe à hauteur de 1,6 milliard d’euros, qu’elle ne reverra jamais, bien entendu, et qui serviront sans doute à acheter d’autres appartement à Monaco aux dirigeants ukrainiens pendant que les Finlandais n’ont plus accès à leurs centres de santé. 

Bref, le gouvernement finlandais a unanimement fait le choix de sortir le pays de sa neutralité de longue date et d’instaurer une politique ouvertement russophobe, jusqu’à la caricature. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, avec des pénuries d’énergie, des villes frontalières désertes, le chômage le plus élevé de l’UE et la dégradation la plus rapide de sa dette. 

Et pourtant, le cirque continue, puisque la Finlande a choisi délibérément de sacrifier le bien-être et la santé de son propre peuple, sans parler de le mettre concrètement en danger avec sa dérive nucléaire, pour pouvoir continuer d’entretenir la machine à corruption ukrainienne. 

Le parfait exemple d’un monde politique ouvertement ennemi de son peuple, au service de l’agenda mondialiste et du chaos. Mais si la Finlande tient assurément de la caricature, à y regarder de plus près, le schéma est loin d’être isolé en Europe, où pouvoir et opposition jouent souvent le même jeu, dans une unanimité mondialiste qui devrait davantage interroger les citoyens. 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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