France : plus de 500 000 signatures contre la «loi Yadan» amalgamant antisémitisme et antisionisme

France : plus de 500 000 signatures contre la «loi Yadan» amalgamant antisémitisme et antisionisme© Compte X @CarolineYADAN
La députée Caroline Yadan à l’école de commerce ESSEC, invitée par une association communautaire fin mars 2026.
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La pétition «Non à la loi Yadan» a franchi le seuil symbolique des 500 000 signatures. Lancée le 18 février par Alexandre Balasse, elle dénonce un amalgame entre antisémitisme et antisionisme qui, selon ses auteurs, menace la liberté d’expression et le droit de critiquer la politique israélienne.

À quelques jours de l’examen du texte de loi amalgamant antisémitisme et antisionisme, les 16 et 17 avril, une pétition rassemblant plus de 500 000 signatures interpelle l’Assemblée nationale.

Cette mobilisation citoyenne reformule un attachement à la liberté d’expression alors que la proposition de loi portée par Caroline Yadan entend lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme ».

Une vague populaire qui fait vaciller le calendrier parlementaire

Lancée par un jeune ingénieur agronome de 26 ans, la pétition « Non à la loi Yadan » a connu une accélération spectaculaire ces derniers jours, portée notamment par le « sursaut de mobilisation » après la garde à vue de l’eurodéputée Rima Hassan. Elle argue que le texte crée un délit d’appel à la destruction d’un État et élargit l’apologie du terrorisme de manière si large qu’il pourrait condamner des slogans pacifistes comme « l’égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » ou entraver le travail des journalistes et chercheurs et donc censurer des débats légitimes sur le conflit israélo-palestinien.

Même le Parti socialiste a tranché contre le texte de loi : Olivier Faure a annoncé le 7 avril sur X que son groupe voterait contre le texte « à la quasi-unanimité », jugeant qu’il « loupe sa cible » et instaure une « essentialisation entre les juifs de France et l’État d’Israël ».

Le MoDem a également exprimé de sérieuses réserves, plaidant pour un retrait temporaire afin de permettre « l’apaisement ». La députée Perrine Goulet appelle même à mettre cette mouture de côté et à « regarder le sujet plus en profondeur dans les mois à venir ».

Ce vent de contestation dépasse les frontières hexagonales. Cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU ont alerté Paris le 1er avril sur les risques d’atteinte à la liberté d’expression et d’opinion.

Un collectif d’universitaires avait déjà dénoncé, dans une tribune du Monde, des critères «flous et extensifs» susceptibles de créer une « insécurité juridique ».

Pour les signataires, il s’agit avant tout de défendre le droit de critiquer une politique sans assimiler toute voix dissidente à de la haine comme ont pu le faire des députés de gauche qualifiant la situation en Palestine occupée de « régime d’apartheid ». Avec plus de 500 000 soutiens issus de nombreux départements, la pétition pourrait même ouvrir droit à un débat en séance publique, rappelant le précédent de la pétition contre la loi Duplomb.

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