Parcoursup : une «réussite technique» mais un «échec politique», selon un rapport parlementaire

Parcoursup : une «réussite technique» mais un «échec politique», selon un rapport parlementaire© ube.fr
L'Université de Bourgogne à Dijon.
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Un rapport présenté le 17 février par les députés Pierrick Courbon (PS) et Frantz Gumbs (Les Démocrates) qualifie Parcoursup de réussite technique, mais d’échec politique. La plateforme, créée en 2018, reproduit voire aggrave les inégalités socioculturelles, sans réduire les taux d’échec en licence ni démocratiser l’accès au supérieur.

Huit ans après sa mise en place et ses premiers échecs, Parcoursup fait l’objet d’un bilan mitigé dans ce rapport parlementaire adopté par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.
Les rapporteurs soulignent ses avancées techniques par rapport à l’ancienne plateforme APB, mais dénoncent son incapacité à remplir les objectifs politiques fixés, comme la baisse des réorientations et l’amélioration de la réussite en licence.

Des inégalités persistantes et des propositions d’amélioration

Selon les députés, seuls 40,3 % des bacheliers de 2020 ont obtenu leur licence en trois ou quatre ans, une baisse de 5,4 points par rapport à 2019. Parcoursup « pointe des inégalités socioculturelles préexistantes que le fonctionnement de Parcoursup contribue à reproduire sans les corriger, voire à aggraver », avancent-ils. Cependant Frantz Gumbs insiste : « La mauvaise réputation est surfaite par rapport à la réalité par rapport à ce que l'on entend ».

Basé sur des auditions et une consultation citoyenne recueillant 1 600 contributions, le rapport met en lumière une « hétérogénéité des situations » en matière d’orientation. Dans certains lycées favorisés, des ateliers simulent des candidatures et apprennent à rédiger des lettres de motivation, tandis que dans d’autres l’accompagnement se limite à l’utilisation technique de l’outil, sans stratégie de vœux.

Les rapporteurs notent que le calendrier de Parcoursup, source de stress, est davantage adapté aux professionnels qu’aux candidats. Ils proposent 51 mesures pour y remédier : supprimer la lettre de motivation sauf si requise, indiquer explicitement les critères de sélection et leur stade d’application, créer une base de données des algorithmes locaux accessible aux établissements, et supprimer la mention du lycée d’origine pour éviter les biais discriminatoires. Une demande qui suit les critiques du député Insoumis Louis Boyard pour lequel « Parcoursup a été construit par les classes dominantes pour que leurs enfants continuent d’occuper les places dominantes ». 

Ils suggèrent aussi de signaler les formations « surdemandées » et d’instaurer un référentiel unique de notation pour le contrôle continu.

 

Le rapport insiste enfin sur le fait que Parcoursup n’est pas idéologique mais révélateur d'un système sous tension budgétaire et démographique. Il appelle à rendre effectives les 54 heures annuelles d’orientation au lycée et à réguler l’enseignement supérieur privé pour en faire une «zone de confiance». Enfin, les députés avertissent que la plateforme sert de « bouc émissaire », le programme ayant été vivement critiqué lors des mobilisations étudiantes, au sous-financement chronique de l’enseignement supérieur public, qui n’a pas suivi la massification des étudiants.

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