France : Claire Landais s’apprête à quitter la tête du secrétariat général du gouvernement
© Getty ImagesClaire Landais va quitter mi-janvier la tête du secrétariat général du gouvernement, à sa demande, après plus de quatre ans à un poste stratégique. Son action est saluée pour avoir stabilisé l’appareil d’État dans un contexte d’instabilité politique et de crises répétées. Le SGG reste un rouage essentiel du pouvoir exécutif.
Un changement discret mais majeur se profile au sommet de l’appareil d’État. Claire Landais, secrétaire générale du gouvernement (SGG) depuis juillet 2020, va quitter prochainement ses fonctions, à sa demande. Son départ doit être entériné lors du conseil des ministres du lundi 5 janvier, pour une prise d’effet au 15 janvier.
Le nom de son successeur n’a pas encore été arrêté, mais deux conseillers d’État sont pressentis : Julien Boucher, ancien directeur général de l’Ofpra, et Laurence Marion, actuelle directrice des affaires juridiques du ministère des Armées.
Figure méconnue du gouvernement
Figure centrale et souvent méconnue de l’exécutif, le secrétaire général du gouvernement joue un rôle stratégique : il assure la coordination interministérielle et veille à la bonne traduction juridique et administrative des décisions politiques. À ce poste clé, Claire Landais est saluée comme une dirigeante « remarquable », qui a su apaiser une machine administrative éprouvée par les crises successives et l’instabilité politique.
Sa nomination avait marqué une rupture de style avec son prédécesseur, Marc Guillaume, perçu par certains comme un « Premier ministre bis ». Soutenue par Jean Castex et l’Élysée, Claire Landais avait imposé une approche plus collégiale, tout en traversant une période mouvementée : six Premiers ministres, la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 et de profondes recompositions politiques.
Rarement présente dans l’espace public, elle avait néanmoins marqué les esprits lors d’une intervention à la Sorbonne à l’automne 2025, évoquant les « temps troublés » traversés par l’État et la montée des extrêmes.
En s’appuyant sur une réflexion historique autour de la France de Vichy et du rôle de l’administration, elle avait mis en garde contre une bureaucratie qui « perd son âme », appelant les agents publics à rester vigilants et solidaires.
Son départ ouvre une nouvelle page pour le SGG, dans un contexte politique toujours incertain, où la continuité et la solidité de l’État demeurent un enjeu central.