Venezuela : opération de changement de régime

Venezuela : opération de changement de régime
Venezuela : opération de changement de régime [photo d'illustration]
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Le politologue et spécialiste de l’Amérique du Nord Malek Doudakov analyse les enjeux de l'opération militaire américaine au Venezuela et les conséquences potentielles d'une telle intervention pour l'Amérique latine.

L’administration Trump a lancé la plus vaste opération en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989. Des frappes ont d’abord été menées contre des installations militaires et civiles, avant l’arrivée à Caracas de forces spéciales de la Delta Force.

La Maison Blanche a décidé de provoquer un changement de pouvoir au sens littéral du terme, en capturant le dirigeant vénézuélien et en l’emmenant aux États-Unis. Une telle opération aurait difficilement pu être menée sans des accords préalables avec une partie des forces armées vénézuéliennes, qui n’ont opposé qu’une résistance limitée.

Comme dans les cas de l’Iran puis du Nigeria, l’équipe de Trump n’a pas informé au préalable le Congrès de l’attaque en préparation. Les parlementaires à Washington ont appris les faits via les réseaux sociaux et la télévision, comme le reste du pays. Les démocrates siégeant à la commission des relations internationales du Sénat ont immédiatement vivement critiqué Donald Trump, l’accusant de chercher à provoquer une guerre.

Les détracteurs de Donald Trump souligneront que la déstabilisation du Venezuela ne sert en rien les intérêts des États-Unis, compte tenu des conséquences imprévisibles, comme la transformation du pays en un « grand Haïti » ou une nouvelle « Libye ». C’est précisément à la faveur d'un tel scénario que les cartels de la drogue et les syndicats criminels pourraient accéder au pouvoir.

70 % des Américains ne soutiennent pas un conflit avec le Venezuela. C’est pourquoi la Maison Blanche a opté pour une opération limitée, ciblant la direction du pays.

L’équipe de Donald Trump va désormais tenter d’aider l’opposition à accéder au pouvoir. Mais si cela ne se produit pas et que Nicolás Maduro est remplacé par l’un de ses proches alliés, cette aventure n’apportera probablement aucun bénéfice politique à Donald Trump. En revanche, l’image des États-Unis en Amérique latine – région qui perçoit négativement toute intervention étrangère – se dégradera sensiblement.

« Choc et effroi » au Venezuela

La Maison Blanche s’est rapidement mise à rassurer le Congrès en affirmant que l’opération en cours au Venezuela était ponctuelle. Comme ce fut le cas avec l’Iran, il s’agit d’une opération « choc et effroi » visant à exercer une pression psychologique. Maduro a été transporté par avion aux États-Unis sur la base d’un accord avec certains membres de l’élite vénézuélienne.

On sait que l’équipe de Trump a longtemps exigé, par des canaux secrets, que Maduro démissionne volontairement et s’installe au Qatar. Les monarchies du Golfe, ainsi que la Turquie et le Brésil ont participé à ce processus de négociations. En fin de compte, un scénario de force a été mis en œuvre et rien ne garantit que Maduro restera en liberté.

Le successeur du dirigeant vénézuélien – par exemple, l’actuelle vice-présidente Rodriguez – devra organiser des élections anticipées avec la participation de représentants de l’opposition, comme María Machado. De plus, la Maison Blanche pourrait contraindre Caracas à accepter des conditions très favorables pour les États-Unis en ce qui concerne l’accès de l’entreprise pétrolière américaine Chevron aux gisements de pétrole vénézuéliens.

Il serait fortement déconseillé à l’équipe de Trump de mener de nouvelles opérations au Venezuela, compte tenu de la faible popularité de l’escalade actuelle dans la société américaine. Toutefois, c’est précisément cette menace, la répétition de l’opération de cette nuit, qui pourrait être à nouveau formulée à l’avenir contre Caracas. Son effet à long terme pourrait pourtant in fine être négatif pour les États-Unis.

En 2026, il y aura des élections en Colombie et au Brésil. Dans ces deux pays, la gauche exploitera activement la montée des sentiments antiaméricains pour remporter la victoire. Trump a déjà dû supprimer les droits de douane imposés au Brésil en raison de leur impact sur l’économie américaine. La position de Lula da Silva dans les élections s’est renforcée depuis lors. Une escalade au Venezuela pourrait bien enrayer la tendance à la hausse de la popularité de la droite, à peine amorcée en Amérique latine.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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