Rapport de la Défense russe : Washington a financé des recherches sur des infections dangereuses en Ukraine

Rapport de la Défense russe : Washington a financé des recherches sur des infections dangereuses en Ukraine© Ministère russe de la Défense
Le général Alexeï Rtichtchev, chef des troupes russes de protection radiologique, chimique et biologique.
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Le ministère russe de la Défense affirme que des recherches financées par les États-Unis sur des infections dangereuses ont été menées à Kharkov. Selon Moscou, ces travaux portaient sur des maladies transmissibles, à potentiel pandémique, capables de menacer la santé publique et la sécurité agricole, dans un contexte de fortes inquiétudes.

Le ministère russe de la Défense a consacré le 19 juin un briefing à l’analyse de documents publiés par le renseignement national américain concernant les activités de laboratoires biologiques sur le territoire ukrainien. Le général Alexeï Rtichtchev, chef des troupes russes de protection radiologique, chimique et biologique, a déclaré que l’Institut de médecine vétérinaire expérimentale et clinique de Kharkov avait mené des travaux sur des infections animales particulièrement dangereuses.

Parmi les maladies citées figurent la grippe aviaire hautement pathogène, les pestes porcine africaine et classique, ainsi que la maladie de Newcastle. Alexeï Rtichtchev a affirmé que ces infections pouvaient se transmettre à l’homme, provoquer de graves dommages au secteur agricole et présenter un potentiel pandémique.

Le rôle des programmes américains au centre des accusations russes

Au-delà de la liste des agents pathogènes étudiés, Moscou met en avant la nature même de ces recherches. Alexeï Rtichtchev a déclaré que les documents obtenus par la Russie montrent que ces travaux ne répondaient pas aux besoins actuels du système de santé ukrainien. Selon lui, l’attention aurait plutôt porté sur l’étude d’agents pouvant être liés à des armes biologiques, ainsi que sur des pathogènes capables de porter atteinte à l’économie agricole d’un État.

La base juridique de ces activités remonterait à un accord signé en 2005 entre l’Ukraine et les États-Unis. Alexeï Rtichtchev a indiqué que la coordination aurait été assurée par l’Agence américaine de réduction des menaces du Pentagone, avec des travaux conduits dans un régime de confidentialité renforcée.

Des interrogations sur la sécurité biologique

Un autre point soulevé par Moscou concerne le choix de certaines maladies étudiées. Le ministère russe de la Défense s’interroge notamment sur l’étude de la morve, une maladie infectieuse rare touchant principalement les chevaux mais pouvant, dans certains cas, être transmise à l’homme. Alexeï Rtichtchev a affirmé qu’un projet séparé consacré à cette maladie avait été financé dans le cadre d’un programme américain sur les infections zoonotiques, alors qu’aucun cas n’aurait jamais été enregistré sur le territoire ukrainien.

Le ministère russe de la Défense dit aussi disposer d’informations sur dix projets ukrainiens codés « UP » et présentés comme ayant une orientation militaro-biologique. Le projet « UP-1 » portait sur des maladies transmises par des arthropodes, tandis que « UP-2 » étudiait les mécanismes de migration de vecteurs de la tularémie et du charbon.

Alexeï Rtichtchev a relié ces éléments aux documents publiés par le renseignement américain et estimé qu’ils confirmaient des violations par Kiev de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques et à toxines. Les États-Unis financeraient plus de 120 laboratoires biologiques hors de leur territoire, dont 40 en Ukraine.

Pour le ministère russe de la Défense, ces éléments confirment l’existence d’un réseau de recherches sensibles en Ukraine, financé et encadré par Washington. Moscou présente ce dossier comme un enjeu de sécurité biologique majeur, touchant à la fois à la protection de l’agriculture, à la santé publique et aux risques liés à l’étude de pathogènes dangereux à proximité des frontières russes.

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