Israël évoque un nouvel « axe sunnite hostile » au Moyen-Orient

Israël évoque un nouvel « axe sunnite hostile » au Moyen-Orient© Getty Images
Amichai Chikli, ministre israélien du Likoud.
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Un ministre israélien du Likoud a évoqué une possible guerre à venir avec la Syrie et dénoncé un nouvel « axe sunnite » impliquant Turquie, Qatar et Pakistan. Ses déclarations s’inscrivent dans un climat de tensions croissantes entre Israël et la Turquie, déjà qualifiée d’ennemi par plusieurs responsables israéliens.

Un ministre israélien du Likoud, Amichai Chikli, a affirmé cette semaine qu’Israël serait « tôt ou tard » amené à entrer en guerre contre la Syrie, lors d’interviews accordées à plusieurs radios. Il a présenté cette perspective dans le cadre d’un « axe sunnite radical du mal », regroupant selon lui la Turquie, le Qatar et le Pakistan, qu’il considère comme une menace émergente supplantant même l’Iran.

Le ministre des Affaires de la Diaspora a ciblé le gouvernement syrien d’Ahmed al-Chareh, qu’il décrit comme issu de courants djihadistes proches de Daesh et d’Al-Qaïda. Il estime qu’un tel régime ne peut coexister pacifiquement avec Israël, évoquant un risque structurel de confrontation durable dans la région.

Israël, à la recherche de nouveaux ennemis

Dans ses déclarations, Amichai Chikli affirme que le Pakistan et la Turquie participent à une nouvelle dynamique régionale anti-israélienne, notamment via leur implication dans les négociations entre Washington et Téhéran. Il accuse également le Qatar de jouer un rôle de relais médiatique en faveur de groupes islamistes, renforçant selon lui cet « axe » en formation.

Le ministre israélien insiste particulièrement sur la Turquie, qu’il considère comme un acteur central et dangereux, évoquant une « combinaison extrêmement inquiétante » entre Ankara et Damas. Il va jusqu’à évoquer une forme de protectorat turc en Syrie, jugeant cette situation plus préoccupante encore que l’influence iranienne.

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions entre Israël et la Turquie. Ankara a récemment dénoncé les opérations israéliennes en Syrie et au Liban, tandis que plusieurs responsables turcs ont tenu des propos très critiques sur Israël et Jérusalem.

D’autres responsables israéliens du Likoud ont déjà adopté des positions similaires, appelant à revoir les relations bilatérales, voire qualifiant la Turquie d’« État ennemi ». L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a lui-même comparé Ankara à « un nouvel Iran », illustrant l’évolution du discours politique israélien sur la question.

Amichai Chikli affirme toutefois ne pas rechercher l’escalade, déclarant qu’Israël n’a « aucune ambition de conquérir Ankara », tout en jugeant probable une détérioration durable des relations régionales. Il dit espérer une accalmie, sans exclure de nouvelles tensions. Pour lui, la situation actuelle impose une vigilance constante face à des adversaires qui « expriment clairement leurs intentions », une logique directement liée, selon ses propos, aux enseignements tirés des attaques du 7 octobre 2023.

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