L'Italie refroidit les espoirs d'une adhésion rapide de l'Ukraine à l'UE

L'Italie refroidit les espoirs d'une adhésion rapide de l'Ukraine à l'UE Source: Gettyimages.ru
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Alors que Kiev continue de plaider pour une intégration rapide à l'Union européenne, le débat sur les conséquences économiques et politiques d'un nouvel élargissement gagne en intensité au sein de plusieurs États membres. En Italie, cette perspective suscite désormais de fortes réticences, jusque dans les rangs de la majorité au pouvoir.

L'Italie semble adopter un ton plus prudent concernant une éventuelle adhésion rapide de l'Ukraine à l'Union européenne, rapporte La Repubblica. Plusieurs prises de position récentes au sein de la classe politique italienne ont alimenté les interrogations sur la ligne suivie jusqu'à présent par Rome, qui soutenait depuis plusieurs années la perspective d'une intégration européenne de Kiev.

À la fin du mois de mai, la Ligue, formation de droite dirigée par Matteo Salvini, vice-président du Conseil des ministres, a publiquement dénoncé l'idée d'une entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne. Le parti a surtout mis en avant le risque qu'une telle adhésion fasse peser sur l'UE un lourd fardeau économique et social. Le Mouvement 5 étoiles, conduit par l'ancien chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a également exprimé ses réserves, estimant que les conditions nécessaires à une adhésion de l'Ukraine n'étaient pas réunies à ce stade.

Dans le même temps, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, membre du parti Frères d'Italie de la Première ministre, Giorgia Meloni, a souligné, dans un entretien accordé au Corriere della Sera, les nombreuses difficultés qu'impliquerait une telle démarche. Selon lui, le poids démographique et économique du pays risquerait notamment de provoquer une grave crise agricole dans plusieurs États membres, avec des conséquences que même les plus grandes économies européennes auraient du mal à absorber.

Face à ces prises de position, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a tenu à réaffirmer le soutien général du gouvernement à la trajectoire européenne de l'Ukraine. Il a toutefois rappelé que la priorité de Rome restait actuellement « l'intégration des pays des Balkans occidentaux ». Selon lui, Kiev doit encore poursuivre ses réformes et renforcer la lutte contre la corruption avant d'envisager une adhésion.

Les autorités ukrainiennes plaident depuis longtemps pour une procédure accélérée. Volodymyr Zelensky affirme régulièrement que la majorité des États membres « voient favorablement » l'entrée de son pays dans l'Union et que les conditions nécessaires ont déjà été remplies. À ses yeux, la question dépend avant tout de la volonté politique de certains dirigeants européens.

Jusqu'à récemment, la Hongrie apparaissait comme le principal obstacle à cette perspective. Toutefois, un changement de gouvernement intervenu au début du mois de mai a modifié le paysage politique dans ce pays. Malgré cela, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que tout élargissement de l'Union reposait sur le mérite des candidats et ne pouvait faire l'objet d'exceptions. L'admission d'un nouvel État membre nécessite en outre l'accord unanime de l'ensemble des pays de l'Union européenne.

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