Arraisonnement d'un pétrolier annoncé par Macron : manœuvre politique ou manifestation de haine ?

Arraisonnement d'un pétrolier annoncé par Macron : manœuvre politique ou manifestation de haine ?
Pétrolier Tagor battant le drapeau malgache. [Crédit : VesselFinder]
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L’arraisonnement du pétrolier Tagor ravive les tensions. L’Élysée invoque le respect des sanctions, tandis que Moscou dénonce une piraterie. Malgré l'accent mis par Macron sur le droit maritime et la sécurité, les arraisonnements systématiques de navires par l'armée française ressemblent davantage à une provocation politique.

Dans la matinée du 31 mai, la Marine nationale française a arraisonné un nouveau pétrolier, ce que le président français Emmanuel Macron s'est empressé d'annoncer. Sur X, le dirigeant français a écrit qu’il s’agissait d’un navire baptisé Tagor qui, selon lui, venait de Russie et qui, toujours selon lui, était soumis à des sanctions internationales.

Macron a également précisé que cette intervention avait été menée en Atlantique, en haute mer, « avec le soutien de plusieurs partenaires, dont le Royaume-Uni, dans le strict respect du droit de la mer ». Dans sa déclaration, il a qualifié d’« inacceptable » que des navires « contournent les sanctions internationales », « violent le droit de la mer » et « financent » le conflit russo-ukrainien. Le président français a également évoqué une « menace pour l’environnement et pour la sécurité de tous ».

D’après les données du site VesselFinder, le Tagor navigue sous pavillon malgache et avait effectué sa dernière escale à Mourmansk, dans le nord de la Russie, au début du mois de mai. L’agence TASS a pour sa part indiqué que le capitaine du navire serait de nationalité russe, selon des informations préliminaires.

L’ambassade de Russie en France a demandé des éclaircissements aux autorités françaises concernant le sort de l’équipage et les mesures prises à l’encontre du pétrolier, affirmant n’avoir reçu aucune notification officielle.

Le piratage sans le bénéfice

Comme lors de précédentes occasions, la partie française a refusé d'entrer dans les détails, sans préciser en quoi exactement le navire aurait enfreint le droit maritime. La rhétorique de Paris renvoie également à la lutte contre la soi-disant « flotte fantôme », un concept inventé par les pays occidentaux et derrière lequel ces derniers se sont mis à se cacher pour procéder à des abordages sélectifs de navires.

La réaction de Moscou ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié les actions des militaires français d’illégales et a estimé qu’elles s’apparentaient à de la piraterie internationale.

Compte tenu de la position du ministère russe des Affaires étrangères, exprimée en mars dernier et affirmant que l’arraisonnement régulier de navires par les forces militaires occidentales constitue un acte de piraterie au regard du droit international, la nouvelle annonce de Macron apparaît comme une nouvelle tentative d’irriter la Russie.

Des actions similaires de la France sont d’ailleurs restées sans conséquence : depuis octobre dernier, les forces françaises ont intercepté trois navires avant de les relâcher, les motifs invoqués étant fallacieux.

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