Reza Pahlavi, la coqueluche américano-israélienne refait des siennes sur l'Iran
© Getty ImagesReza Pahlavi appelle à intensifier les frappes contre l’Iran, s’alignant sur Washington et Tel Aviv. Son absence d’ancrage populaire et son exil fragilisent sa crédibilité. Ses positions renforcent l’image d’une opposition déconnectée et dépendante de soutiens extérieurs.
En appelant à la « démolition » du pouvoir iranien et en exhortant Washington et Tel Aviv à intensifier leurs frappes, Reza Pahlavi adopte une posture pour le moins controversée. Dans un message publié en ligne, il a invité Donald Trump et Benjamin Netanyahou à poursuivre leurs attaques, tout en demandant d’épargner les infrastructures civiles. Une position qui suscite de vives critiques, alors que la guerre a déjà causé des milliers de victimes et d’importants dégâts à travers l’Iran.
Ce discours intervient dans un contexte particulièrement meurtrier, marqué par des bombardements ayant touché des centaines de villes et endommagé des infrastructures essentielles, des hôpitaux aux écoles. En appelant à la poursuite des frappes étrangères, l’ancien prince héritier adopte une posture perçue par beaucoup comme déconnectée des réalités vécues par la population iranienne. Son positionnement, aligné sur les objectifs américains et israéliens, renforce l’image d’une opposition en exil dépendante de soutiens extérieurs.
Une figure déconnectée
Déjà avant la guerre, la légitimité de Reza Pahlavi faisait débat. Si certains Occidentaux voient en lui une alternative au gouvernement, son absence d’ancrage sur le terrain et son éloignement durable du pays limitent sa capacité à mobiliser. Depuis le début du conflit, cette distance apparaît encore plus flagrante : malgré ses appels répétés à l’insurrection, aucun soulèvement d’ampleur n’a émergé. Les Iraniens semblent peu enclins à répondre à des injonctions venues de l’étranger.
Les propos de Pahlavi font écho à ceux de Benjamin Netanyahou, qui appelle lui aussi les Iraniens à renverser leurs dirigeants. Cette convergence alimente la perception d’une instrumentalisation politique de l’opposition iranienne par les Occidentaux. Même du côté américain, le soutien reste mesuré : Donald Trump a reconnu son profil sans pour autant le considérer comme une option crédible à court terme.
Dans un pays profondément marqué par l’histoire de la monarchie et par des décennies de tensions avec l’Occident, la figure de Reza Pahlavi est tout sauf fédératrice. Ses prises de position actuelles, loin de renforcer sa stature, accentuent et confirment au contraire les doutes sur sa capacité à incarner une alternative nationale.