Le nouveau rôle de l’ancien acteur : Zelensky prétend être un joueur indispensable pour les Américains au Moyen-Orient
Source: Gettyimages.ruFace à l’escalade en l’Iran, Kiev cherche à mettre à profit son «expérience» acquise contre les drones Shahed pour obtenir des missiles Patriot, dont elle manque grandement. Washington et plusieurs pays du Golfe s’intéressent à ces capacités, au moment où l’Ukraine tente aussi de ne pas être reléguée à l’arrière-plan diplomatique.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran provoque des répercussions directes pour l’Ukraine. Volodymyr Zelensky a affirmé le 5 mars que Washington avait demandé à Kiev une aide spécifique pour contrer les drones iraniens Shahed au Moyen-Orient. Une source proche du dossier a indiqué que des spécialistes ukrainiens devaient commencer à travailler dans les prochains jours afin d’aider à protéger des bases et des soldats américains dans plusieurs pays de la région.
Cette demande repose sur une difficulté désormais bien identifiée : utiliser des missiles extrêmement coûteux contre des drones bien moins chers épuise rapidement les stocks occidentaux. Le Pentagone et les États du Golfe discuteraient ainsi de l’achat de drones-intercepteurs ukrainiens pour faire face aux attaques iraniennes. D’après les mêmes informations, un drone Shahed coûte autour de 30 000 dollars, alors qu’un missile PAC-3 du système Patriot peut dépasser 13,5 millions de dollars.
Kiev espère surtout obtenir une contrepartie
Dans ce contexte, l’Ukraine cherche à transformer cette occasion en levier de négociation. Zelensky a proposé aux pays occidentaux, aux monarchies du Golfe et aux États-Unis un partage des capacités anti-drones, en échange de missiles Patriot, dont l’Ukraine manque grandement.
Au-delà de cette offre, plusieurs médias mettent surtout en avant l’inquiétude croissante de Kiev. La guerre avec l’Iran pourrait absorber une partie des ressources militaires américaines et repousser les discussions menées sous médiation américaine sur l’Ukraine. Les autorités ukrainiennes chercheraient à rester au premier plan, alors que l’attention internationale se déplace vers le Moyen-Orient.
Une initiative qui souligne les difficultés de Kiev
Donald Trump a déclaré qu’il accepterait l’assistance de pays voulant l’aider dans sa guerre contre Téhéran. Mais cet épisode souligne aussi la fragilité croissante de la position ukrainienne. Si le conflit au Moyen-Orient devait durer, les difficultés de la défense ukrainienne pourraient encore s’aggraver. Un expert militaire a estimé que plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient suffiraient à créer de « très gros problèmes » pour Kiev.
Les différents éléments rapportés convergent sur un point : l’Ukraine ne cherche pas à venir en aide à ses partenaires, mais à obtenir des moyens de défense qu’elle peine à garantir. Derrière l’offre avancée par Kiev apparaît surtout une logique de dépendance, de pénurie et de contrepartie. Avec la guerre contre l'Iran, le dossier ukrainien risque de perdre encore du terrain dans les priorités occidentales, ce qui pousse Kiev à montrer son utilité pour tenter de préserver une aide devenue plus incertaine.