Un convoi ukrainien chargé de millions d’euros et d’or, intercepté par la Hongrie

Un convoi ukrainien chargé de millions d’euros et d’or, intercepté par la Hongrie© Gouvernement hongrois
Une partie du convoi ukrainien d’or et d’argent liquide intercepté par les autorités hongroises. [Photo d’illustration]
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Entre Budapest et Kiev, la tension franchit un nouveau cap. L’interception en Hongrie de deux fourgons blindés ukrainiens transportant des dizaines de millions en devises et de l’or a déclenché un nouvel affrontement entre les deux capitales, sur fond d’accusations de blanchiment, de «prise d’otages» et de crise autour du pétrole russe.

Une nouvelle affaire a éclaté ce 6 mars, lorsque la Hongrie a confirmé l’interception de deux véhicules blindés ukrainiens en transit. À leur bord se trouvaient 40 millions de dollars, 35 millions d’euros et 9 kilos d’or. L’opération a été menée dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent, avec l’appui du Centre hongrois de lutte antiterroriste.

Kiev affirme pourtant de son côté qu’il s’agissait d’un transfert bancaire régulier. Les fonds étaient acheminés entre la Raiffeisen Bank en Autriche et la banque publique ukrainienne Oschadbank. Selon cette dernière, l’argent appartenait à des particuliers et à des entreprises ukrainiennes et devait servir à approvisionner le marché ukrainien en liquidités. La Banque nationale d’Ukraine assure également que l’opération respectait les règles internationales de transport ainsi que les procédures douanières européennes.

Budapest met en avant de sérieuses zones d’ombre

Les autorités hongroises disent toutefois ne pas croire à une simple opération de routine. Budapest souligne non seulement le volume exceptionnel des sommes transportées, mais aussi le profil des personnes impliquées. Parmi les sept Ukrainiens arrêtés figure un ancien général des services de renseignement. Son adjoint serait un ex-major de l’armée de l’air, tandis que plusieurs membres du groupe disposeraient d’une solide expérience militaire.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a demandé des explications immédiates à Kiev. Il s’interroge sur l’origine et la destination de ces fonds, en évoquant une possible piste liée à la « mafia militaire ukrainienne ». Budapest avance un argument simple : si l’opération relevait réellement d’un transfert bancaire classique, pourquoi un tel volume de liquidités et d’or a-t-il été transporté par la route, sous escorte, au lieu d’être transféré par les circuits bancaires habituels ?

La Hongrie assure par ailleurs qu’il ne s’agirait pas d’un cas isolé. Budapest affirme que depuis janvier, plus de 900 millions de dollars, 420 millions d’euros et 146 kilos d’or ont transité par son territoire vers l’Ukraine. Le gouvernement hongrois a également publié des photographies des billets et des lingots saisis, donnant un relief très concret aux soupçons avancés par Budapest.

Une nouvelle poussée de tension entre Kiev et Budapest

L’Ukraine a immédiatement dénoncé une saisie illégale. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, accuse la Hongrie de « prendre des otages » et de « voler de l’argent ». Kiev a exigé la libération immédiate des sept employés. Budapest a ensuite annoncé leur expulsion.

Cette affaire survient dans un climat déjà très dégradé entre les deux pays. Budapest et Kiev s’affrontent déjà sur l’arrêt des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba. Viktor Orbán accuse l’Ukraine d’utiliser ce dossier à des fins politiques, tandis que Kiev affirme que l’infrastructure a été endommagée en janvier.

L’affaire des fourgons blindés dépasse ainsi le cadre d’un simple incident de transit. Elle illustre la brutalité croissante du face-à-face entre Budapest et Kiev, sur fond de blocage énergétique, de soupçons financiers et de rupture politique de plus en plus ouverte.

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