Pakistan-Afghanistan : l’escalade militaire fait craindre un conflit ouvert
© Getty ImagesLe Pakistan et l’Afghanistan taliban s’affrontent désormais ouvertement après des attaques frontalières réciproques. Islamabad accuse Kaboul de soutenir des groupes armés responsables d’attentats au Pakistan. La multiplication des frappes et des représailles fait craindre un conflit durable entre les deux voisins.
La tension entre Islamabad et les autorités talibanes afghanes a franchi un nouveau seuil après une série d’affrontements meurtriers à la frontière. Le 27 février, le Pakistan a affirmé être entré dans une « guerre ouverte » avec Kaboul, au lendemain d’une offensive menée par les forces afghanes contre plusieurs positions pakistanaises.
En riposte, l’armée pakistanaise a bombardé durant la nuit plusieurs sites en Afghanistan, notamment autour de Kaboul, Kandahar et dans la province orientale de Paktia. Selon Islamabad, ces frappes visaient des installations militaires talibanes et constituaient une réponse directe aux attaques lancées la veille depuis les provinces afghanes de Nangarhar et Kunar.
Téhéran et Riyad appellent à la désescalade
Des explosions ont été entendues dans la capitale afghane à l’aube, même si la situation semblait redevenue calme quelques heures plus tard. Les autorités talibanes affirment avoir pris plusieurs avant-postes pakistanais lors de l’offensive terrestre, tandis que les deux camps évoquent des pertes importantes.
Cette flambée de violence s’inscrit dans une détérioration progressive des relations entre les deux voisins depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. Le Pakistan accuse Kaboul de tolérer la présence des talibans pakistanais (TTP), responsables d’attentats meurtriers sur son territoire. Les autorités afghanes rejettent ces accusations, mais les frappes aériennes pakistanaises récentes, ayant causé des victimes civiles selon l’ONU, ont alimenté un cycle de représailles.
Les combats actuels marquent une rupture par leur intensité, Islamabad visant désormais directement des positions liées au régime taliban et non plus seulement des groupes armés. Les principaux points de passage frontaliers restent largement fermés, aggravant les tensions économiques et humanitaires dans une région déjà fragile. Face au risque d’embrasement, plusieurs acteurs régionaux tentent une médiation, l’Iran proposant ses bons offices tandis que l’Arabie saoudite appelle à une désescalade rapide.