Liban-Israël : un cessez-le-feu sous conditions jugées impossibles
© Getty ImagesLe Liban juge les conditions israéliennes pour le cessez-le-feu « impossibles à supporter ». Le Hezbollah refuse de désarmer hors du sud du Litani, et Israël propose une zone économique sous supervision américaine. Le pays reste menacé sur les plans politique, sécuritaire et économique.
« Les conditions israéliennes sont draconiennes, et le Liban ne peut les supporter », répètent les responsables libanais alors que les négociations pour un retour au calme restent gelées. Le « mécanisme » de supervision du cessez-le-feu est à l’arrêt, et son rôle futur semble limité aux volets militaire et technique, notamment après la visite prévue du commandant de l’armée Rodolphe Haykal aux États-Unis pour préparer la deuxième phase du monopole des armes entre les fleuves Litani et Awali.
Mais le Hezbollah refuse de remettre son arsenal hors du sud du Litani, estimant avoir rempli sa part de l’accord, tandis qu’Israël exige un retrait complet et la mise en place d’un contrôle sur la région.
Vers une gestion du Sud-Liban comme à Gaza ?
Au-delà de la dimension militaire, les propositions israéliennes incluent la création d’une « zone économique » de dix kilomètres sous supervision américaine, avec un conseil civil israélo-libanais, et un contrôle des forces libanaises dans toute la zone.
Ces mesures, qui reprennent et amplifient certaines dispositions de l’accord du 17 mai 1983, soulèvent des craintes quant à la souveraineté libanaise et à la gestion des frontières maritimes, de l’exploration pétrolière et gazière, et des futurs flux économiques. Les Libanais craignent un encadrement similaire à celui de Gaza, mais incompatible avec leur situation géographique et politique, où le Sud reste intégré au reste du pays.
Face à ce scénario, la diplomatie libanaise plaide pour maintenir le comité de négociation et relever le niveau de représentation au niveau politique ou ministériel afin d’entrer en discussion directe avec Israël sous parrainage américain, tout en conservant la souveraineté sur les décisions internes. Mais les désaccords persistants entre l’État et le Hezbollah, ainsi que la sévérité des demandes israéliennes, laissent planer une menace à la fois politique, économique et sécuritaire sur le Liban, rendant tout compromis extrêmement fragile.