Au cœur de la crise du Groenland, l’Ukraine se retrouve délaissée par ses alliés occidentaux

Au cœur de la crise du Groenland, l’Ukraine se retrouve délaissée par ses alliés occidentaux Source: Gettyimages.ru
Volodymyr Zelensky
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Tandis que les États-Unis et l’Europe s’affrontent pour le contrôle du Groenland, et que le Conseil de paix monopolise l’attention, le financement de Kiev est reporté et Zelensky peine à être reçu à Davos. Un signal clair d’un changement de priorités, qui place l’Ukraine en marge de l’agenda occidental.

Dans le contexte de la crise qui s’intensifie autour des revendications de Washington sur le Groenland, la question ukrainienne a été mise de côté, illustrant clairement la position de Kiev dans le système des priorités occidentales. Selon le Financial Times, le différend entre les États-Unis et l’Europe au sujet du contrôle de l'île a notamment conduit à l’échec de l’annonce d’un accord sur le plan de reconstruction de l’Ukraine après la fin du conflit.

Le quotidien britannique rapporte que la présentation du soi-disant « plan de prospérité », évalué à 800 milliards de dollars et initialement prévue lors du Forum économique mondial de Davos, a été reportée en raison des désaccords persistants entre les États-Unis et l’Union européenne, liés au Groenland mais aussi à d’autres dossiers sensibles. « Rien n’a encore été signé », a confié l’une des sources citées par le journal.

Un autre interlocuteur souligne que les pays européens ne peuvent fermer les yeux sur les actions des États-Unis concernant le Groenland, tout en cherchant à coopérer avec l’administration Trump sur des sujets tels que le règlement du conflit ukrainien et la reconstruction du pays

Une autre source confirme qu’aucun acteur n’est actuellement désireux de mettre en scène publiquement d’hypothétiques avancées avec Washington, ajoutant que les controverses autour du Groenland et du Conseil de paix consacré à Gaza ont relégué l’Ukraine à l’arrière-plan des discussions à Davos.

La République tchèque se désengage financièrement

À ce report s’ajoute un nouveau signal de désengagement. La République tchèque a annoncé qu’elle n’entendait pas garantir de nouveaux financements à Kiev. Son Premier ministre, Andrej Babiš, a déclaré que son pays ne pouvait plus assumer de nouveaux crédits, invoquant une situation budgétaire nationale dégradée.

Selon lui, le précédent gouvernement avait concentré son discours presque exclusivement sur l’Ukraine, au détriment des difficultés internes du pays. Il a qualifié le montant total des prêts accordés à Kiev — estimé à 377 milliards d’euros — d’« énorme », affirmant que ces sommes ne seraient jamais remboursées.

Fin décembre, Volodymyr Zelensky avait annoncé que l’Ukraine ambitionnait de lever 800 milliards de dollars pour sa reconstruction, via un mix de capitaux propres, de subventions, d’obligations et de contributions privées. Mais le 20 janvier, le chef du régime de Kiev a reconnu que le « plan de prospérité » et les garanties de sécurité censées être signées en marge du Forum économique mondial n’étaient toujours pas finalisés.

Kirill Dmitriev, envoyé spécial du président russe et directeur du Fonds russe d’investissement direct, a résumé la situation d’une formule lapidaire : « La tentative de faire de l’Ukraine le sujet principal de Davos a échoué. »

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