France : la DGSI ne renouvellera pas son contrat avec Palantir
© Unsplash / Salvador RiosLe gouvernement français a annoncé le 16 juin le transfert de l’exploitation des données massives de la DGSI du groupe américain Palantir vers la société française ChapsVision. Une décision présentée comme un choix de souveraineté numérique et stratégique face aux dépendances technologiques étrangères.
La France poursuit sa stratégie de renforcement de son autonomie dans les secteurs sensibles. Le 16 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) mettra fin à sa collaboration avec le géant américain Palantir pour la gestion et l’exploitation de ses données à grande échelle.
À l’issue du contrat en cours, qui expire dans trois ans, cette mission sera confiée à la société française ChapsVision, marquant ainsi le rapatriement en France de données jusqu’ici traitées avec l’appui de l’entreprise américaine.
Une collaboration née après les attentats de 2015
Le recours à Palantir remonte à la période qui a suivi les attentats de 2015. À l’époque, les autorités françaises avaient choisi le groupe américain, faute d’alternative nationale capable de répondre aux besoins des services de renseignement.
Depuis, Palantir a élargi ses activités auprès de plusieurs gouvernements et organismes de sécurité, notamment le FBI et l’armée israélienne. Une situation qui a progressivement alimenté les préoccupations françaises concernant la souveraineté numérique et la maîtrise des outils stratégiques.
« Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique », a justifié Sébastien Lecornu. Le chef du gouvernement a également souligné la nécessité de ne pas dépendre « du bon vouloir de certains partenaires, capables de couper le robinet d'accès » aux technologies liées à l’intelligence artificielle.
Malgré ce revers sur le marché français du renseignement, le groupe américain conserve une forte implantation dans le secteur privé. Ses technologies sont encore utilisées par plusieurs grands groupes européens, parmi lesquels Airbus, Stellantis et la Société générale.