Le parti macroniste fête ses 10 ans dans la crise

Le parti macroniste fête ses 10 ans dans la crise© Compte X @FerracciMarc
Emmanuel Macron lors d'une des toutes premières réunion de son parti En Marche.
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Dix ans jour pour jour après la création d’«En Marche !» par Emmanuel Macron à Amiens, Renaissance traverse une profonde crise. Multiples changements de nom, échecs répétés aux législatives et aux municipales, divisions internes et ascension d’Horizons : l’élan de 2016 s’est mué en désenchantement.

Le 6 avril 2026, le mouvement fondé par Emmanuel Macron célébrait discrètement un anniversaire bien loin de l’enthousiasme originel. Loin de l’« enchantement » des débuts, le parti présidentiel apparaît aujourd’hui fragilisé et orphelin de sa dynamique initiale.

En dépit de quelques messages sur les réseaux sociaux, les cadres du parti semblent bien à la peine en cette fin de règne du président Macron.

 

De « En Marche ! » à Renaissance : une identité en quête de repères

 

Il y a dix ans, Emmanuel Macron lançait à Amiens « un mouvement politique nouveau » qui ne serait « ni de droite ni de gauche ». Rebaptisé successivement La République en Marche puis Renaissance, le parti a changé de nom à trois reprises, semant la confusion chez les électeurs et brouillant son ancrage idéologique.

Les échecs électoraux ont accentué le malaise. Aux législatives de 2022, et surtout après la dissolution de 2024, les macronistes ont perdu leur majorité absolue et se retrouvent sans majorité claire à l’Assemblée. Aux municipales, le bilan est famélique : les quelques victoires symboliques à Bordeaux avec Thomas Cazenave et à Annecy avec Antoine Armand n’ont pas compensé un recul généralisé et un manque criant d’ancrage local. Les divisions internes rongent l’organisation. Gabriel Attal, secrétaire général depuis décembre 2024, dirige désormais un parti dont Emmanuel Macron est seulement président d’honneur, les deux hommes entretenant des relations polaires. L’ancien Premier ministre a seulement repris un message du parti pour l’occasion sans évoquer sur ses réseaux ces 10 ans. Sous les quelques messages anniversaires du mouvement, les critiques ont fusé sur les réseaux sociaux, faisant valoir notamment le bilan du président en exercice. C’est le cas notamment du conseiller économique de Jordan Bardella, Charles-Henri Gallois qui évoque un « bilan de la honte ».

Pendant ce temps, Horizons d’Édouard Philippe continue de se développer, attirant des élus et des cadres en quête d’une offre plus centriste et libérale, et accentuant la fragmentation du camp présidentiel avec des sondages flatteurs pour 2027.

Dans une lettre adressée lundi aux 33 000 adhérents, le chef de l’État a tenté de ranimer la flamme : « On continue ! On ne lâche rien ! » Il y salue les réformes et « une nouvelle façon de faire de la politique ». Pourtant, plusieurs figures historiques, dont Marc Ferracci, Stéphane Travert et François Patriat, ont demandé à Attal de rebaptiser le parti « En Marche ! » ou « La République en Marche » pour « retrouver une forme de cohérence ».

Le retour au nom originel du parti, composé des initiales du président « EM » n’est cependant pas du goût de son actuel président et président du groupe à l’Assemblée, Gabriel Attal.

À un an de la présidentielle de 2027, le macronisme, privé de figure tutélaire et confronté à sa propre paralysie, semble plus que jamais à la croisée des chemins.

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