Macron, le grand perdant des municipales face à la progression de LFI et du RN
Source: Gettyimages.ruNeuf ans après son élection, Emmanuel Macron apparaît comme le grand perdant des municipales de 2026. Son camp, malgré des alliances tactiques, échoue à s’implanter localement et subit des défaites cinglantes à Paris, Lyon et Marseille. Seules Bordeaux et Annecy offrent quelques satisfactions, tandis que François Bayrou tombe à Pau.
Renaissance porte mal son nom. Au lendemain des élections municipales françaises, le parti d’Emmanuel Macron a été balayé. Défait seul ou en alliance, il ne peut que constater les progressions de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), tandis que les partis « traditionnels » conservent d’importants bastions.
Ces résultats soulignent cruellement l’incapacité du macronisme à transformer son poids national en ancrage territorial après presque une décennie au pouvoir.
Une implantation locale ratée
Après neuf ans à l’Élysée, le camp macroniste n’a toujours pas réussi à créer une véritable base municipale. La stratégie d’alliances adoptée cette fois-ci a tourné au fiasco dans les trois plus grandes villes de France. À Paris, le soutien à Pierre-Yves Bournazel puis à Rachida Dati s’est soldé par une défaite nette face à Emmanuel Grégoire. À Lyon, Jean-Michel Aulas, pourtant poussé par le camp présidentiel, a été battu de justesse par Grégory Doucet. À Marseille, Martine Vassal, soutenue par la macronie, s’est effondrée à 5,36 %, laissant Benoît Payan l’emporter largement.
Les seules satisfactions restent symboliques, avec deux anciens ministres élus : Thomas Cazenave conquiert Bordeaux et Antoine Armand s’impose à Annecy.
Victoire !
— Antoine Armand (@antoine_armand) March 23, 2026
Annecy reprend le fil de son histoire. Le large rassemblement du centre et de la droite, autour d’un projet solide, l’a emporté.
C’est une grande fierté et une immense émotion. pic.twitter.com/HF26YJc62h
Gabriel Attal se félicite d’avoir « doublé le nombre d’élus locaux », mais le bilan reste amer, puisque le parti dispose d’environ un millier d’élus municipaux, autant que LFI, contre plus de 3 000 pour le RN.
Le coup le plus dur vient de Pau, où François Bayrou, six mois après avoir quitté Matignon, perd son fief de moins de 350 voix face à la gauche unie. Soutenu par Renaissance, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron chute, usé par un passage difficile dans l’exécutif. Triste et affaibli, il a évoqué une « soirée difficile ».
Municipales à Pau: "C'est une soirée difficile"
— BFM (@BFMTV) March 22, 2026
Battu par le socialiste Jérôme Marbot, le maire sortant et candidat François Bayrou prend la parole#BFM2pic.twitter.com/o70glhwMZD
Cette incapacité à s’implanter contraste avec la progression visible de LFI, qui entre pour la première fois au Conseil de Paris et obtient des élus à Lyon grâce à un accord technique, et celle du RN, qui réalise à Marseille un score historique de 40,3 % malgré la défaite. Le camp présidentiel, réduit à des victoires isolées, paie aujourd’hui son refus de choisir un camp clair et son incapacité à créer des racines locales.