Stéphanie Rist, une ministre sous pression entre fronde médicale et incertitude politique
© Getty ImagesSous pression après dix jours de grève des médecins, Stéphanie Rist tente d’apaiser la crise par le dialogue et des ouvertures ciblées. Fragilisée politiquement, elle joue aussi son avenir lors d’une législative partielle dans le Loiret. Entre contraintes budgétaires et fronde médicale, la ministre avance sur une ligne de crête.
Depuis dix jours, la grève des médecins libéraux place Stéphanie Rist au cœur d’une tempête sociale et politique. À peine quatre mois après sa nomination avenue de Ségur, la ministre française de la Santé doit composer avec une mobilisation inédite des praticiens, un contexte budgétaire instable et une législative partielle décisive dans le Loiret, prévues les 18 et 25 janvier. Elle l’a affirmé sans détour : une défaite électorale signerait son départ du gouvernement, assumant une « sanction dans les urnes » qu’elle juge légitime.
Face à la colère des médecins, mobilisés pour défendre leur liberté d’exercice, la ministre a rouvert le dialogue. Après un premier refus des syndicats, elle a engagé des discussions bilatérales et annoncé deux inflexions majeures : un assouplissement sur l’encadrement des arrêts maladie et une ouverture sur le cumul emploi-retraite. Des gestes qu’elle présente comme des leviers pour améliorer la prise en charge des patients, et non comme de simples concessions tactiques.
Une grève de plus en plus contraignante pour la ministre
Nommée le 12 octobre 2025, Stéphanie Rist a hérité d’un baptême du feu redoutable avec le PLFSS 2026, prévoyant 7 milliards d’euros d’économies et plusieurs mesures explosives. Si certaines ont été abandonnées au fil des débats, elles ont durablement nourri la défiance des médecins. Ancienne rapporteure générale de la commission des affaires sociales, la ministre revendique pourtant une ligne de fond : efficacité de l’État, innovation en santé et réflexion de long terme sur le financement du modèle social.
Sa méthode, jugée trop discrète par certains, lui vaut des critiques, y compris au sein de la majorité. Défense acharnée des franchises médicales, isolement lors des débats budgétaires, absence remarquée lors de certaines annonces gouvernementales : son poids politique interroge, alors qu’elle est déjà la huitième ministre de la Santé du quinquennat. Ses soutiens saluent toutefois sa maîtrise technique et sa capacité à faire évoluer un texte budgétaire sans passage en force.
Alors que la grève pèse sur l’activité médicale et les services d’urgence, Stéphanie Rist avance prudemment, consciente que la séquence actuelle pourrait décider à la fois de son avenir politique et de la suite des réformes sanitaires.