Mercosur : plusieurs patrons de la grande distribution française s’engagent contre les importations sud-américaines
© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ruLe président d’Intermarché a annoncé ce 12 janvier que ses magasins ne s’approvisionneraient pas en produits issus des pays du Mercosur afin de «soutenir la ferme France». Une attitude également plaidée par les patrons des groupes Carrefour et Système U ainsi que celui de Leclerc, alors que la signature du traité de libre-échange se profile.
« On l’a clairement dit et je le redis ce matin : on n’achètera pas ces produits-là, on ne les achètera pas pour soutenir la ferme France », a annoncé ce 12 janvier sur le plateau de France 2, Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto, Bricomarché...), alors interrogé sur les produits issus du Mercosur avec lequel l’Union européenne s’apprête à signer un accord de libre-échange malgré l’opposition de la France et la grogne du monde agricole.
« La semaine dernière j’étais en conseil d’administration de la FCD, qu’est le syndicat de la grande distribution, Carrefour, Système U, Leclerc, auront les mêmes positions », a-t-il notamment précisé. Des déclarations qui surviennent alors que la grogne des agriculteurs, qui dénoncent la concurrence déloyale que pourraient leur mener des producteurs sud-américains n’étant pas soumis aux mêmes normes qu’eux, ne diminue pas.
🗣️ "On n'achètera pas ces produits-là"
— Telematin (@telematin) January 12, 2026
🔴 Thierry Cotillard, président du Groupement Les Mousquetaires, ne fera pas rentrer des produits issus des pays du Mercosur dans les magasins de son groupe. #Les4Vpic.twitter.com/gdPvyooHvL
« Qu’il soit adopté ou qu’il ne soit pas adopté, la décision du groupe Carrefour - et d’ailleurs de mes confrères - est de s’approvisionner quasi exclusivement voire exclusivement selon les filières en produits français », avait déclaré le 7 janvier sur BFMTV Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, mettant en avant un approvisionnement « local » tant en France que dans les pays du Mercosur où le groupe est présent.
« Une question de principe »
« Il n’est pas possible d’importer en France un produit [...] d’Amérique du Sud qui aurait des conditions de production moindres que celles qu’on exige en France », avait déclaré le même jour, sur TF1, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, mettant en avant une « question de principe » et assurant être « complètement d’accord » avec les agriculteurs. « On n’importera pas, dans ce que l’on peut maitriser directement, de ces produits d’Amérique du Sud » en cas de signature du traité.
« Que cela soit signé ou pas signé, de toute façon, nous ne voulons pas » de ces produits, avait déclaré en décembre Michel-Édouard Leclerc sur CNews, assurant soutenir « les demandes agricoles » et ce « quel que soit le syndicat » avait-il précisé. « On ne fait pas rentrer dans le pays des produits qui ne sont pas aux normes de ce qu’on exige de nos producteurs », avait-il assuré tout en mettant en garde quant au fait que les pays du Mercosur « sont aussi des débouchés pour notre agroalimentaire français ».