France : Alain Orsoni, figure du nationalisme corse, assassiné aux obsèques de sa mère
© Xavier Laine Source: Gettyimages.ruL’ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, a été abattu ce 12 janvier, d’un tir à distance, lors des obsèques de sa mère à Vero. Il avait échappé à une tentative d'assassinat en 2008, à son retour sur l’île de Beauté après une longue cavale en Amérique Latine et en Espagne. Une enquête pour assassinat en bande organisée a été ouverte.
L’ancien président de l’AC Ajaccio et figure éminente du nationalisme corse, Alain Orsoni, a été assassiné ce 12 janvier à Vero, village de Corse-du-Sud de 600 âmes, durant les obsèques de sa mère, a révélé l’AFP citant une source proche de l’enquête. Selon cette même source, les faits se sont déroulés aux alentours de 16h30. Une enquête pour assassinat en bande organisée a été ouverte par le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, et confiée à la police et la gendarmerie.
Une autre source de l’AFP, évoquant « la piste d’un sniper », a précisé que la victime était décédée sur place. Une piste soutenue par « plusieurs sources » auprès du Nouvel Obs qui avance le probable emploi d’un fusil à lunette. Selon France 3 Corse ViaStella, qui évoque des faits s'étant plutôt déroulés à 16h00, Alain Orsoni aurait « été touché par une unique balle au thorax ». Le Parisien parle quant à lui de « trois impacts de balles » constatés et un décès déclaré « vers 17 heures ».
« C’est un moment de peine et de chagrin, d'un coup, on entend un coup de feu, et Alain tombe mort », a confié au média public l’Abbé Roger Polge qui célébrait la cérémonie d’obsèques. « Qu'est-ce qui se passe chez nous ? La Corse me paraît pire que la Sicile, c'est inimaginable », a ajouté l’homme d’Église.
Alain Orsoni était âgé de 71 ans et avait été la cible d’un projet d’assassinat, déjoué à l’été 2008, alors qu’il revenait d’une cavale de 13 ans en Amérique latine et en Espagne. Cette même année, il prit la tête de l’AC Ajaccio après le suicide de son président Michel Moretti. Une fonction qu’il occupera jusqu’en 2015, ainsi qu’entre 2022 et 2023.
Membre du FLNC, Alain Orsoni est notamment connu pour le mitraillage devant l'ambassade d'Iran à Paris en mai 1980 au cours duquel un gendarme avait blessé quatre gendarmes. Arrêté et incarcéré, il fut amnistié après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République. Orsoni fut également le dirigeant du Mouvement pour l'autodétermination (MPA) dans les années 90. En 1986, il fut élu à l'assemblée territoriale de Corse sous l’étiquette du Mouvement corse pour l'autodétermination (MCA).
Son frère, Guy Orsoni, qui fut également membre du Front de libération nationale corse (FLNC), fut assassiné en 1983 à Sartène, dans le sud de l’île de Beauté. Durant ses obsèques, des accusations avaient été portées à l’encontre de l’État français et de ses « barbouzes ». L’année suivante, deux individus suspectés d’être derrière sa disparition, Jean-Marc Leccia et Salvatore Contini, étaient à leur tour tués au sein même de la maison d’arrêt d’Ajaccio par un commando du FLNC. Un frère, dont Alain Orsoni a donné le prénom à son fils. Ce dernier a été condamné en mai 2025, par le tribunal correctionnel de Marseille, à 13 ans de prison pour une tentative d’assassinat en 2018.