France : un service gouvernemental préconise la pérennisation des salles de shoot

France : un service gouvernemental préconise la pérennisation des salles de shoot© mairie10.paris.fr
Une salle de shoot dans le 10e arrondissement de Paris. [Photo d’illustration]
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L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) recommande, dans un rapport publié le 5 janvier, de pérenniser les «haltes soins addictions», également appelées «salles de shoot». Ces structures sont expérimentées à Paris et Strasbourg depuis 2016.

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), finalisé en octobre 2024 mais dévoilé seulement au début de 2026, se montre favorable aux salles de shoot existantes et plaide pour leur inscription dans le droit commun, ouvrant la voie à de nouvelles implantations adaptées localement.

Ces structures, expérimentées à Paris et Strasbourg depuis 2016, réduiraient les risques sanitaires pour les usagers de drogues et amélioreraient la tranquillité publique. Dans un contexte de banalisation des drogues de synthèse en France, le rapport pourrait susciter des réticences.

Bénéfices sanitaires et impacts sur la société

Les « haltes soins addictions » (HSA), mises en place à titre expérimental à Paris et Strasbourg depuis 2016, démontrent leur efficacité selon l’IGAS et l’Inspection générale de l’administration (IGA). Dans leur rapport publié le 5 janvier, ces institutions publiques soulignent que ces structures réduisent significativement les risques infectieux, les surdoses et les affections liées à la consommation de drogues injectables. Elles contribueraient également à une meilleure santé publique, avec une diminution notable des seringues abandonnées dans l’espace public : jusqu’à dix fois moins observées autour des sites.

Au-delà des aspects sanitaires, les HSA améliorent, toujours selon l’IGAS, la tranquillité publique en limitant les consommations de rue. Le rapport note que ces lieux n’entraînent pas d’augmentation de la délinquance à proximité, et parfois même une baisse, et compléteraient ainsi la lutte contre les trafics de stupéfiants. « Les services de sécurité publique ne relèvent pas de hausse de la délinquance », précisent les inspecteurs, qui insistent sur le rôle de vigies de ces haltes face aux nouvelles tendances, comme la montée du fentanyl détectée à Strasbourg.

Cependant, le dispositif n’est pas universel : « Toutes les villes n'ont pas vocation à avoir une halte soins addictions », avertit le rapport, qui la voit comme « une réponse locale à un besoin local ». Pour réussir, plusieurs conditions sont listées : une capacité d’accueil adaptée, une implantation proche des zones de consommation, une proximité avec un hôpital, une intégration dans un réseau médico-social, une information des riverains et un portage politique clair. L’expérimentation, initialement prévue jusqu’au 31 décembre 2025, a été prolongée de deux ans via un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2026. Le rapport recommande désormais de dépasser cette phase pour pérenniser les HSA et permettre d’en ouvrir d’autres, évaluées au cas par cas.

Cette recommandation est vivement critiquée par des associations de riverains qui subissent la présence de salles de shoot dans leur quartier. Ainsi, le compte X des riverains de la Gare du Nord affirme que la présence d’une salle de shoot « est inséparable du trafic autour. Et il en sera ainsi tant que ces lieux de consommation de drogues créés avec l'accord et l'aide financière de l'État seront maintenus » et moque un État qui dit vouloir lutter contre le trafic mais qui, en même temps, préconise l’ouverture de salles de shoot.

Le positionnement de l’IGAS pourrait influencer le gouvernement dans sa politique de santé publique, mais risque de susciter de vives réactions, alors qu’Emmanuel Macron multiplie les annonces sur la drogue, en cherchant à équilibrer prévention et soins pour les usagers en grande précarité, majoritairement sans domicile fixe.

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