France : le mouvement social des médecins libéraux compte déjà plus de 15 000 praticiens grévistes

France : le mouvement social des médecins libéraux compte déjà plus de 15 000 praticiens grévistes© SOPA Images Source: Gettyimages.ru
Une affiche indiquant « Médecin en grève » en France. [Photo d'illustration]
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La situation demeure relativement floue quant aux répercussions de la grève des médecins libéraux en France, qui devrait durer une dizaine de jours. Face aux médecins en colère contre une politique gouvernementale jugée hostile à leur égard, la ministre de la Santé prône le dialogue et la réquisition pour assurer la continuité des soins.

Les médecins libéraux français entament un mouvement de grève « excessivement suivi », ce 5 janvier, selon le syndicat de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Une plateforme mise en place par le syndicat des Jeunes médecins Île-de-France pour permettre aux grévistes de se déclarer a réuni plus de 15 600 médecins, « principalement des médecins libéraux, pour moitié des généralistes », selon les déclarations de la présidente du syndicat, Anna Boctor, au quotidien Libération.

Plus de 10 000 médecins parmi les enregistrés ont fait part de leur intention d’entamer la grève dès son début. Il est cependant difficile, pour l’heure, de prédire l’ampleur de ce mouvement et de ses conséquences sur le système de soins en France, mais un crescendo est toujours possible et la situation devrait devenir plus claire au fil des prochains jours.

La ministre de la Santé réaffirme avoir pris « les mesures nécessaires »

Dans un entretien sur la chaîne France 2, ce 5 janvier, la ministre de la Santé Stéphanie Rist s’est voulue rassurante pour les malades en réaffirmant que « les mesures nécessaires » sont et seront prises pour garantir la permanence des soins. « Nous avons, territoire par territoire, avec les Agences régionales de santé, les professionnels […] étudié s’il y avait besoin ou pas d’éventuellement réquisitionner », a déclaré la ministre, qui a aussi ajouté qu’« il y a quelques endroits où il faut demander à des médecins de ne pas se mettre en grève », faisant référence à la mesure de réquisition évoquée la veille de la grève, sans apporter de plus amples précisions.

Appel au dialogue

Dans le même entretien avec France 2, Stéphanie Rist a fait part de sa disposition au dialogue, affirmant que « quel que soit le nombre de grévistes, l’important est de pouvoir dire à ces médecins que je suis évidemment à leur écoute ». « Nous devons continuer le dialogue, nous devons le renforcer. J’espère que ce mouvement durera le moins longtemps possible », a-t-elle souligné.

Des « politiques qui agressent les médecins »

Les syndicats de médecins libéraux dénoncent, entre autres, un budget insuffisant de la Sécurité sociale, un contrôle accru des prescriptions d’arrêts de travail et des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes, en « contournant » le dialogue social.

Ce mouvement est « la conséquence de politiques qui agressent les médecins », selon le Syndicat des gynécologues obstétriciens (Syngof), qui conteste le secteur 2 relatif aux praticiens conventionnés à dépassements d’honoraires, alors que les tarifs remboursés par l’Assurance maladie n’ont, pour certains, « pas évolué depuis les années 1990 ». Pour la ministre Stéphanie Rist, le gouvernement tente de contrer l’« augmentation exponentielle de ces dépassements d’honoraires ces dernières années ». Reconnaissant que, même si les abus en question ne concernent qu’une minorité de médecins, elle a souligné la nécessité d’y remédier, tenant compte des « concitoyens qui renoncent aux soins pour des raisons financières ».

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