Ramadan : du Sénégal au monde musulman, comment est fixé le début du jeûne
© Pixabay / AhmadArdityAu Sénégal, l’annonce du début du Ramadan repose sur l’observation du croissant lunaire, appuyée par des calculs astronomiques précis. Un processus qui illustre les différentes méthodes utilisées dans le monde musulman pour déterminer l’entrée dans le mois sacré.
Au Sénégal, l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie (ASPA) a indiqué que le croissant lunaire marquant le début du mois de Ramadan devrait être visible le 18 février, ouvrant la voie à un début du jeûne le lendemain, si les conditions météorologiques le permettent.
Selon l’ASPA, la conjonction lunaire — moment où la Lune se situe entre la Terre et le Soleil — est prévue le 17 février à 12 h 01 UTC. Mais ce jour-là, les paramètres astronomiques ne permettront pas d’apercevoir le croissant au Sénégal : au coucher du Soleil, la Lune n’aura que 7 heures et 26 minutes d’âge, avec une illumination inférieure à 1 %, une altitude très basse et une élongation insuffisante.
En revanche, le 18 février, la Lune sera âgée de plus d’un jour et se couchera environ une heure après le Soleil, offrant des conditions favorables à une observation à l’œil nu sur l’ensemble du territoire, sous réserve d’un ciel dégagé. L’ASPA, dirigée par l’astronome Maram Kaïré, publie chaque année ce type de prévisions afin d’éclairer le public.
Observation visuelle ou calcul astronomique ?
Au Sénégal, comme dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, l’annonce officielle du début du Ramadan reste traditionnellement conditionnée à l’observation effective du croissant lunaire. Les données scientifiques servent d’indicateur, mais la décision religieuse repose sur le constat visuel.
Dans d’autres pays du monde musulman, les approches diffèrent. En Arabie saoudite, la Cour suprême appelle chaque année à l’observation du croissant et fonde sa décision sur les témoignages visuels validés par les autorités religieuses. Le royaume joue souvent un rôle central, nombre de pays suivant son annonce.
À l’inverse, certains États privilégient davantage le calcul astronomique. La Turquie, par exemple, fixe à l’avance le calendrier du Ramadan sur la base de données scientifiques, sans attendre une observation oculaire.
Au Maroc, la procédure combine organisation institutionnelle et observation directe : des commissions locales, composées de magistrats, d’autorités religieuses et de représentants du ministère des Habous, sont mobilisées sur l’ensemble du territoire pour scruter le ciel le soir du doute.