«Plus facile que d'admettre sa complicité dans le meurtre de civils» : Zakharova répond à Macron après l’incendie de la laure des Grottes de Kiev
Source: Gettyimages.ruLa cathédrale de la Dormition, joyau du complexe de la laure des Grottes de Kiev, a été touchée par un missile Patriot. La Défense russe pointe une énième défaillance d’un missile d’interception de la défense antiaérienne ukrainienne. Le président français a, pour sa part, une nouvelle fois mis toute la responsabilité sur Moscou.
Ce 15 juin au matin, alors que la toiture de la cathédrale de la Dormition était encore fumante, Emmanuel Macron n’a pas manqué l’occasion de faire part de son indignation à géométrie variable sur les réseaux sociaux. « Tout comme la guerre d’agression que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de 4 ans, rien ne justifie cette attaque contre notre patrimoine universel », a-t-il lancé dans un message semblant attribuer la responsabilité de cet incendie à la Russie.
« La France se tient prête à coopérer avec les autorités ukrainiennes en charge du patrimoine », a ajouté le président français, visiblement beaucoup plus préoccupé par les églises brûlant en Ukraine que dans son propre pays. « C'est l'équivalent, pour nous Français, du bombardement de Notre-Dame ou de Saint-Denis », a pour sa part déclaré Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères.
La Laure de Kyiv-Pechersk, l'un des hauts lieux de l'orthodoxie ukrainienne inscrit au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO, a été touchée cette nuit dans l'importante frappe de missiles et de drones russes qui a, de nouveau, pris Kyiv pour cible et fait des victimes…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 15, 2026
Des condamnations similaires ont également été formulées par plusieurs responsables politiques pro-Kiev. Parmi elles figure celle du représentant américain Joe Wilson, qui voit dans cet incendie « une expression abominable de la violence anticatholique de la Russie », ignorant visiblement qu’il s’agit d’un site orthodoxe situé dans un pays à majorité orthodoxe.
Paris reste silencieux face aux crimes de Kiev
« C'est évidemment plus facile que d'admettre sa complicité dans le meurtre de civils », a fustigé Maria Zakharova, renvoyant au silence du dirigeant français concernant les victimes des attaques menées par les forces de Kiev. La porte-parole de la diplomatie russe a notamment évoqué l’attaque ukrainienne, « bien réelle et non mise en scène », qui a détruit le 10 juin le panorama du siège de Sébastopol, œuvre monumentale du peintre d’origine française Franz Roubaud.
Dans la nuit du 14 au 15 juin, « en réponse aux attaques terroristes perpétrées par le régime de Kiev », l’armée russe a pris pour cible des sites de l’industrie militaire ukrainienne à Kiev, Kharkov et Dnipropetrovsk, a annoncé le ministère russe de la Défense. « Selon des informations confirmées, le complexe de la laure des Grottes de Kiev a été touché par un missile du système antiaérien américain Patriot », peut-on également lire dans ce rapport, qui énumère les installations visées.
Cela ne serait pas le premier incident causé par la défaillance de missiles de la défense antiaérienne ukrainienne. On se souvient tout particulièrement du cas du missile tombé en Pologne à l’automne 2022, tuant deux personnes. À la suite de ce drame, Volodymyr Zelensky avait accusé la Russie d’avoir « frappé » un pays de l’OTAN. Une chute dont la Russie était « au bout du compte responsable », avait alors estimé la Maison Blanche.
Quant à la laure de Kiev, siège de l’Église orthodoxe ukrainienne (EOU), qui a rompu ses liens avec le patriarcat de Moscou après le début du conflit russo-ukrainien, le régime de Kiev a mis un point d’honneur à la faire passer sous contrôle de l’Église orthodoxe d’Ukraine (EOdU). Cette dernière, non sans l'aide de ses ouailles les plus zélées, fait également main basse — parfois violemment — sur d’autres édifices religieux à travers les territoires contrôlés par Kiev, et ce dans le silence des chancelleries occidentales, exception faite du Vatican.