De la guerre au Moyen-Orient à Anchorage au bout du souffle : ce qu’il faut retenir de la table ronde de Lavrov

Lors d’une table ronde diplomatique, Sergueï Lavrov a évoqué l’opération menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, estimant qu’elle visait à diviser les pays du Golfe. Il a appelé à un moratoire sur les attaques contre les civils, critiqué l’implication de l’OTAN et plaidé pour une régulation internationale des satellites comme Starlink.
S’exprimant lors d’une table ronde diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que l’une des intentions majeures de l’opération menée par les États-Unis et Israël au Moyen-Orient serait de provoquer une rupture entre l’Iran et ses voisins arabes, alors même qu’un processus de rapprochement avait été observé ces dernières années.
Le chef de la diplomatie russe a également estimé que la logique suivie par Washington dans cette crise consiste à affaiblir, voire à renverser, le pouvoir en place à Téhéran. Il a évoqué les discussions autour d’une éventuelle résolution au Conseil de sécurité des Nations unies condamnant uniquement l’Iran, sans mentionner les actions américaines et israéliennes. Selon lui, une telle initiative correspondrait parfaitement à la stratégie américaine, qu’il interprète comme une volonté d’« en finir » avec le « régime » iranien.
Moscou appelle à imposer un moratoire sur les attaques contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient
Au cours de la discussion, Sergueï Lavrov a appelé à cesser immédiatement toute action militaire susceptible d’entraîner des victimes civiles ou la destruction d’infrastructures non militaires.
Il a plaidé pour l’instauration d’un moratoire sur les attaques visant des zones habitées et des installations civiles, estimant que de telles frappes provoquent des conséquences dramatiques dans plusieurs pays arabes.
Dans cette perspective, la Russie affirme qu’elle fera tout son possible, aux côtés d’autres membres pacifiques de la communauté internationale, pour contribuer à instaurer une atmosphère internationale qui rendrait cette opération militaire totalement impossible. Lavrov a précisé que cet effort serait mené notamment dans les enceintes des Nations unies, en particulier au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale.
Critiques envers la position de certaines monarchies du Golfe
Le ministre russe des Affaires étrangères a par ailleurs relevé que plusieurs monarchies arabes n’avaient pas publiquement condamné les actions militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Il a rappelé que ces pays avaient auparavant appelé à éviter une escalade militaire et affirmé qu’ils ne souhaitaient pas voir leur espace aérien utilisé dans ce contexte. Cependant, selon lui, aucune condamnation claire n’a été formulée lorsque les frappes ont commencé.
Sergueï Lavrov a également évoqué la mort de 170 élèves lors d’une attaque contre une école en Iran, estimant que ce drame aurait dû susciter une réaction plus ferme. Pour Moscou, a-t-il déclaré, la communauté internationale devrait adopter une position cohérente face à de telles tragédies.
L’implication croissante de l’OTAN dans la guerre au Moyent-Orient
Sergueï Lavrov a également estimé que l’OTAN se trouvait progressivement entraînée dans le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Il a cité les déclarations du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, selon lesquelles l’organisation serait prête à activer les mécanismes de défense collective dans le cadre d’une opération américaine contre l’Iran.
Pour le ministre russe des Affaires étrangères, ces propos illustreraient une vision selon laquelle « les intérêts de l’OTAN s’étendent là où ses dirigeants le décident ».
L'« esprit d’Anchorage » s’évapore
Lors de la même rencontre diplomatique, Sergueï Lavrov a également évoqué les discussions tenues à Anchorage avec les représentants américains. Selon lui, la Russie a accepté certaines propositions formulées par la partie américaine, y compris des éléments constituant déjà un compromis important pour Moscou.
Il a néanmoins souligné que si l’atmosphère des échanges avait été décrite comme respectueuse et constructive, cet esprit de coopération pouvait rapidement se dissiper si les avancées concrètes ne suivaient pas.
Moscou plaide pour une régulation internationale des satellites en orbite basse
Par ailleurs, Sergueï Lavrov a abordé la question de l’utilisation militaire des satellites en orbite basse, en citant l’exemple du système américain Starlink.
Ainsi, la Russie estime nécessaire d’établir un cadre juridique international afin de réguler l’exploitation de ces technologies. Selon le ministre, les opérateurs de tels systèmes devraient respecter la souveraineté et les législations nationales des États sur le territoire desquels leurs services sont fournis.
Il a rappelé qu’une réunion informelle du Conseil de sécurité de l’ONU avait été organisée à la fin de l’année précédente pour discuter de cette question avec plusieurs pays invités.