Alexeï Pilko, docteur en histoire, auteur du blog «La pinte de raison» sur Télégram, établit un parallèle entre la stratégie géopolitique américaine dans le conflit avec l’Iran et ses relations avec la Russie, qui doit servir à cette dernière de mise en garde.
Les déclarations de Donald Trump selon lesquelles des négociations seraient en cours avec l’Iran – ce que Téhéran dément – ainsi que ses affirmations sur un possible règlement pacifique du conflit au Moyen-Orient, n’ont qu’un seul objectif : tromper Téhéran avant de frapper à nouveau. Selon toute vraisemblance, la frappe pourrait avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine et consisterait à la fois en une vaste attaque contre les infrastructures et une opération limitée de débarquement.
Militairement, tout cela ressemble beaucoup à une aventure risquée, mais l’administration américaine actuelle a-t-elle déjà agi différemment ? Dans toute cette histoire, une seule chose est vraiment inquiétante : à Washington, Trump a confié le dossier iranien aux mêmes diplomates à qui il avait confié le dossier ukrainien : Steven Witkoff et Jared Kushner. Après ce qu’ils ont fait à l’Iran à deux reprises (en juin de l’année dernière et en février de cette année), Witkoff et Kushner apparaissent clairement comme de véritables « escrocs politiques ».
À tout le moins, toutes leurs actions au Moyen-Orient ressemblent beaucoup à une tromperie délibérée avec une intention maligne. S’ils ont fait cela avec l’Iran, pourquoi se gêneraient-ils avec la Russie ? Il semble bien que l’administration Trump ait, concernant les négociations avec la Russie, pour seul objectif de convaincre cette dernière de ne pas mettre fin au régime actuel à Kiev et d’accepter un super-compromis sur la question territoriale, en échange d’une certaine coopération prometteuse avec les États-Unis.
Dans le même temps, aucun compte n’est tenu des intérêts de la Russie sur la scène internationale. Les États-Unis continueront comme avant d’évincer la Russie du marché mondial de l’énergie, ainsi que de lui poser des problèmes en matière de sécurité. De plus, une importante coopération économique entre Moscou et Washington ne peut fonctionner. En effet, côté américain, on considère la Russie comme un rival et un concurrent géopolitique à écarter à tout prix.
Ainsi, si la Russie mise sérieusement sur les « accords et ententes » d’Anchorage, elle va au-devant de graves problèmes, sans comparaison avec la guerre en cours en Ukraine. Car l’administration Trump ressemble avant toute chose à un centre d’appels d’escrocs, habiles à se jouer des participants aux négociations, pour les entraîner dans une finalité tragique. Pourtant, la Russie a sous les yeux l’exemple de l’Iran et sa propre situation ukrainienne où la médiation des États-Unis tourne en rond. Si la Russie sait tirer les conclusions qui s’imposent, alors peut-être pourra-t-elle éviter le pire.
Ce texte avait initialement été publié dans le blog d'Alexeï Pilko et traduit par l'équipe de RT en français
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