Europe : les géants de l'IA face à une vague de protestations contre leurs centres de données
Source: Gettyimages.ruLes 6 et 7 novembre, les grands centres de données ont suscité des manifestations dans plusieurs pays d'Europe. À Amsterdam, entre 150 et 200 personnes ont été interpellées sur un chantier lié à Microsoft. Les collectifs dénoncent l'eau, l'électricité et les terrains nécessaires au développement de ces installations.
Plus de 100 associations se sont retrouvées autour d'un même mot d'ordre, « Stop Dirty Data Centres ». Les 6 et 7 novembre, la campagne s'est traduite par des actions dans une quinzaine de pays européens. Les collectifs veulent faire suspendre les grands chantiers, le temps d'examiner leur impact sur la vie des habitants.
Dans ces centres, des rangées de serveurs font fonctionner les services numériques, dont ceux utilisant l'intelligence artificielle (IA). Ils dégagent beaucoup de chaleur et doivent être refroidis, parfois avec de l'eau. Les riverains redoutent des factures d'électricité plus lourdes et la disparition de terrains agricoles.
Un chantier Microsoft occupé
À Amsterdam, aux Pays-Bas, la mobilisation a pris un tour plus tendu. Le 6 novembre, des militants ont pénétré sur le chantier d'un centre destiné à Microsoft, groupe américain de logiciels et de services numériques. Certains ont grimpé sur une grue, tandis que des fumigènes étaient allumés. L'Associated Press fait état de 150 à 200 interpellations.
Approximately 500 protesters broke into the construction site of a #Microsoft data center in the port area on the west side of #Amsterdam , reports AT5 television channel. https://t.co/1yj5IZgi11
— Mina (@Mina696645851) November 6, 2026
Cette occupation était menée par un collectif local, distinct de la coalition européenne qui manifestait aussi devant le site. La contestation a également gagné Varsovie et les environs de Berlin. En Irlande, quelque 2 000 personnes ont manifesté à Dublin le 7 novembre. En Finlande, environ 1 300 se sont rassemblées à Helsinki, d'après les médias locaux cités par Bloomberg.
La France aussi concernée
En France, plusieurs projets cristallisent les critiques. À Fouju, en région parisienne, un ensemble de 11 centres de données est envisagé sur 90 hectares de terres agricoles, selon le collectif Stop Campus IA. Une réunion publique y était annoncée le 6 novembre. À Vitry-sur-Seine, près de Paris, une visite du site des Ardoines figurait au programme des opposants.
Le débat a déjà gagné le Parlement français. Le 8 octobre, le député François Ruffin dénonçait le développement de ces infrastructures sans véritable choix public. « À quel moment, dans cette Assemblée, a été posé le choix de faire des data centers une priorité dans notre pays ? Jamais ! », a-t-il déclaré.
Des milliards malgré la contestation
Les chantiers continuent pourtant d'attirer les investisseurs. D'après une estimation de PwC, jusqu'à 176 milliards d'euros pourraient être consacrés aux centres de données en Europe entre 2026 et 2031. Bruxelles entend renforcer ses capacités informatiques face aux États-Unis et à la Chine.
Les collectifs veulent suspendre les autorisations de nouveaux grands chantiers pour en mesurer les effets avant toute construction. Ils ne demandent pas de fermer les centres déjà ouverts. Leur mobilisation met en cause une course technologique soutenue par les autorités, dont les coûts en eau, en énergie et en terres seraient supportés avant tout par les territoires concernés.