Au Sud-Liban, les destructions israéliennes se poursuivent malgré les accords de désescalade
© Getty ImagesIsraël poursuit la destruction d'infrastructures civiles au Sud-Liban, notamment de stations hydrauliques et d'habitations. L'armée libanaise estime que ces opérations compromettent l'application de l'accord-cadre conclu en juin et le retour des déplacés. Cette escalade persiste à la veille de la rencontre entre Netanyahou et Trump à Washington.
Les opérations de l'armée israélienne se sont intensifiées au Sud-Liban, où une nouvelle vague de dynamitages a visé plusieurs infrastructures civiles dans les secteurs frontaliers. À Markaba, dans le caza de Marjeyoun, une station de pompage d'eau a été détruite après plusieurs habitations, frappées la veille. L'Office des eaux du Sud-Liban a dénoncé la destruction d'une installation essentielle à l'approvisionnement de nombreuses localités, qualifiant cette attaque de « violation flagrante du droit international humanitaire » et d'atteinte directe à la sécurité hydrique de la région.
L'armée libanaise a également condamné la poursuite des opérations israéliennes, estimant qu'elles compromettaient le déploiement de ses forces dans les premières « zones pilotes » prévues par l'accord-cadre conclu en juin sous médiation américaine. Selon Beyrouth, les destructions systématiques d'habitations, les bombardements, les tirs d'artillerie et les incendies de terres agricoles retardent le retour des habitants déplacés et empêchent toute stabilisation durable du sud du pays.
Au cours des dernières quarante-huit heures, des dizaines d'opérations de dynamitage ont été recensées dans plusieurs villages, notamment à Kfar Tebnit, Majdal Zoun, Aïtaroun, Meiss el-Jabal et Haddatha. Des positions de l'armée libanaise ont également essuyé des tirs, tandis que des bombardements aériens ont visé les environs de Aalman el-Choumariyé. Depuis la reprise des hostilités en mars, Israël a détruit plusieurs stations hydrauliques et infrastructures vitales, compliquant davantage les conditions de vie des populations restées dans les zones frontalières.
Ces événements interviennent à la veille de la visite de Benjamin Netanyahou à Washington, où il doit rencontrer Donald Trump. Le Premier ministre israélien a affirmé que toute attaque de l'Iran ou de ses alliés, dont le Hezbollah, entraînerait une riposte « très, très forte ». Il s'est toutefois déclaré prêt à poursuivre l'expérience des « zones pilotes », estimant que l'affaiblissement du Hezbollah ouvrait une possibilité de coopération avec l'armée libanaise. Malgré les frappes israéliennes quasi quotidiennes depuis la trêve du 19 juin, le Hezbollah n'a pas repris les hostilités, maintenant un équilibre particulièrement fragile sur le front libanais.