Russie-Ukraine : le double langage insoutenable des Nations unies sur les victimes civiles

L'ONU affirme défendre tous les civils sans distinction. Pourtant, son dernier communiqué consacre de longs développements aux victimes en Ukraine, tandis que les pertes civiles en Russie sont évoquées en quelques lignes. Une différence de traitement qui soulève des interrogations sur l'impartialité attendue d'une telle institution.
L'Organisation des Nations unies est censée faire preuve d'une stricte neutralité. Pourtant, son dernier communiqué sur le conflit en Ukraine donne une impression bien différente.
Le texte détaille longuement les frappes ayant touché l'Ukraine. Les villes concernées sont citées, les dégâts sont décrits avec précision, les bilans humains sont énumérés et le lecteur est invité à mesurer l'ampleur du drame. L'ensemble du récit met l'accent sur les souffrances des civils ukrainiens et sur les conséquences des attaques contre les infrastructures.
En revanche, lorsque le communiqué évoque les victimes civiles en Russie, le ton change nettement. Les attaques ukrainiennes sont mentionnées en quelques phrases seulement, sans le même niveau de détail, sans mise en contexte comparable et sans véritable développement sur les personnes touchées. Elles apparaissent presque comme un simple ajout destiné à signaler que ces pertes existent également.
Cette différence de traitement interroge. Si tous les civils sont protégés par le droit international humanitaire, leur souffrance devrait être présentée avec la même attention, quel que soit le pays où ils vivent, n'est-ce pas ? La valeur d'une vie humaine ne dépend pas de la nationalité.
Le communiqué attribue implicitement ces victimes à la Russie, comme si sa responsabilité ne faisait aucun doute, sans toutefois présenter le moindre élément permettant de l'établir. Il passe également sous silence le fait qu'à plusieurs reprises, des destructions d'abord imputées à des frappes russes se sont ensuite révélées liées à des erreurs, à des interceptions ou à des tirs des forces ukrainiennes elles-mêmes. En écartant d'emblée cette possibilité, l'ONU ne se contente plus de rapporter des faits : elle impose au lecteur une conclusion qui n'est pourtant pas démontrée.
Pourtant, les attaques contre des civils en Russie ne sont pas inexistantes. Le 20 juillet, un drone ukrainien a visé un bus près de Belgorod, cinq civils, dont un enfant, ont été tués, 23 autres blessés. Le 6 juillet, toujours dans la région de Belgorod, un drone ukrainien a frappé un bus civil, blessant six personnes, dont deux enfants. Une fillette d'un an, grièvement touchée par des éclats au visage, au cou et à la tête, a dû être hospitalisée dans un état grave. Le 17 juin, dans la région de Briansk, un drone a également frappé un car transportant une équipe junior de football biélorusse en route vers une station balnéaire russe. Une accompagnatrice a perdu la vie et huit autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles six mineurs.
Ces exemples montrent que des civils meurent également en territoire russe. Pourtant, ils ne trouvent pratiquement aucun écho dans le communiqué de l'ONU. Une organisation internationale appelée à représenter l'ensemble de la communauté internationale est pourtant attendue sur un principe simple : traiter toutes les victimes civiles avec la même rigueur, la même compassion et la même impartialité, indépendamment de leur nationalité.