Le patron de Ryanair réclame l’interdiction de l’alcool le matin dans les aéroports
© RT via IAMichael O’Leary, PDG de Ryanair, demande l’interdiction de servir de l’alcool tôt le matin dans les aéroports pour lutter contre les passagers perturbateurs. Il dénonce une hausse des déroutements de vols, passés d’un par semaine à près d’un par jour.
Le dirigeant de la compagnie low-cost s’attaque à une tradition bien ancrée chez de nombreux voyageurs, particulièrement britanniques, qui consiste à consommer de l’alcool dès les premières heures de la journée dans les bars aéroportuaires avant un vol matinal.
« Qui a besoin de boire une bière à 5 ou 6 heures ? »
Dans une interview accordée au Times, Michael O’Leary s’est montré particulièrement direct : « Je ne comprends absolument pas pourquoi des gens sont servis dans les bars des aéroports à 5 ou 6 heures du matin. Qui a besoin de boire de la bière à cette heure-là ? ».
Le chef d’entreprise, connu pour ses prises de positions à l’emporte-pièce, estime qu’« aucun alcool ne devrait être servi dans les aéroports en dehors des heures d’ouverture autorisées ». Le patron irlandais pointe du doigt les établissements aéroportuaires, accusés de profiter des retards pour servir sans limite, exportant ainsi le problème vers les compagnies aériennes.
La responsable des voyages du Sun, Lisa Minot, a rappelé sur Sky News que « c'est en fait la responsabilité de la compagnie aérienne de s'assurer que toute personne montant à bord de son avion n'est pas en état d'ébriété ».
'It is actually the airline's responsibility to make sure that anybody who boards their plane is not intoxicated'.
— Sky News (@SkyNews) May 6, 2026
The Sun's Head of Travel Lisa Minot speaks to @SkySarahJane about Ryanair CEO Michael O'Leary's proposal to ban pre-flight airport alcohol. ⬇️ pic.twitter.com/XmqlJXlyRF
Selon Michael O’Leary, Ryanair doit dérouter près d’un vol par jour en raison de comportements inappropriés, contre un par semaine il y a dix ans. Il plaide également pour une limite stricte de deux boissons alcoolisées par passager dans les aéroports, via le suivi des cartes d’embarquement.
Sur les réseaux sociaux, l’annonce a rapidement suscité des réactions contrastées.
Quelques voix se sont élevées contre cette proposition. Le patron de la chaîne de pubs britannique Wetherspoons, Sir Tim Martin, a critiqué une approche « Big Brother », jugeant un quota de deux verres difficile à appliquer et excessif.
Wetherspoons boss Sir Tim Martin blasts Ryanair’s ‘Big Brother’ plan to ban early morning airport pints
— Grifty (@TheGriftReport) May 7, 2026
Sir Tim Martin, 71, slammed Ryanair boss Michael O’Leary’s call to stop selling alcohol before early flights, calling it a “Big Brother” approach.
He said: “A two-drink limit… pic.twitter.com/kuKuV5N0zV
Sur X, certains voyageurs défendent cette habitude comme faisant partie du rituel des vacances. O’Leary rappelle que Ryanair a déjà durci sa politique en infligeant des amendes de 500 euros aux perturbateurs et en poursuivant certains d'entre eux en justice. Il met en garde : « Tant que quelqu’un ne provoquera pas un accident entraînant le crash d’un avion et la mort de centaines de personnes, aucun gouvernement ne prendra véritablement ce problème au sérieux ».
Les chiffres de l’Association du transport aérien international (IATA) confirment une tendance inquiétante, avec un incident lié à un passager ingérable en moyenne tous les 468 vols, souvent lié à l’alcool ou à la drogue.