Quand les mèmes deviennent des armes : la guerre de l’IA entre Washington et Téhéran
© Getty ImagesLa propagande entre les États-Unis et l’Iran passe désormais par l’IA et les réseaux sociaux. Les vidéos mêlent humour, pop culture et manipulation pour capter l’attention. Une guerre de l’image qui brouille les repères et redéfinit les stratégies d’influence.
Les conflits ont toujours produit leur lot de propagande, mais une nouvelle forme s’impose aujourd’hui : plus rapide, plus virale, et surtout profondément ancrée dans la culture numérique. Entre les États-Unis et l’Iran, la bataille ne se joue plus seulement sur le terrain militaire ou diplomatique, mais aussi dans les fils d’actualité, à coups de vidéos générées par intelligence artificielle.
Dernier exemple en date : des clips satiriques mettant en scène des figurines façon Lego, dans lesquels un Donald Trump caricatural évolue dans un univers chaotique, entre guerre, argent et figures controversées. Produites par des soutiens iraniens, ces vidéos cumulent des millions de vues et permettent à Téhéran de propager son récit malgré la censure occidentale sur les médias qui reprend le narratif américain.
Damn. Iran just dropped an A+ level troll on Trump in this new LEGO movie.
— Jon Cooper 🇺🇸 (@joncoopertweets) April 10, 2026
I’m no fan of Iran at all… but this one actually nails him. 😂😂 pic.twitter.com/0NxAsaRyco
Ce succès n’a rien d’anodin. L’IA permet aujourd’hui de produire en quelques minutes des contenus qui auraient nécessité autrefois des équipes entières et des budgets conséquents. Résultat : une propagande quasi instantanée, adaptée aux codes des réseaux sociaux. Courtes, rythmées, émotionnelles, ces vidéos ne cherchent pas à convaincre par des arguments, mais à frapper, à faire réagir, à s’imprimer dans l’esprit.
Démêler le vrai du faux
L’autre force de cette nouvelle propagande réside dans son utilisation de la pop culture. Références aux jeux vidéo, aux films ou aux mèmes : tout est pensé pour parler immédiatement au public. Les figurines Lego, par exemple, ne sont pas choisies au hasard. Universelles et familières, elles permettent de faire passer des messages politiques sous couvert d’humour. Le fond idéologique se dissimule derrière une forme ludique.
Mais cette stratégie n’est pas l’apanage de Téhéran. Le camp américain, et en particulier l’entourage de Donald Trump, utilise lui aussi massivement ces codes. Images générées par IA le montrant en héros, vidéos inspirées de blockbusters ou de jeux vidéo : la communication devient spectacle. La guerre est mise en scène comme une fiction, brouillant les frontières entre réalité et divertissement.
Trump heeft zojuist een foto geplaatst op Truth Social waarop hij zichzelf als Jezus afbeeldt. Hij beeldt zichzelf af als God. Hij is eerder de Valse Profeet of de Antichrist.
— Storm (@JohnAntivegan) April 13, 2026
Is hij eigenlijk nog wel mentaal geschikt om zijn land te dienen ??
Hoogmoed komt voor de Val #Trumppic.twitter.com/LVZ8ks8bbH
Ce basculement inquiète de nombreux chercheurs. Car ces vidéos ne visent pas la raison, mais les émotions. À force d’exposition, elle peut altérer la perception du réel, créer de la confusion et banaliser des conflits pourtant bien réels. Dans ce flux constant d’images, le vrai, le faux et la satire finissent par se mélanger.