Habitations vidées, dignité piétinée : les dérives des incursions israéliennes au Sud-Liban (VIDÉO)
© Getty ImagesDes témoignages accusent des soldats israéliens d’avoir fouillé et pillé des habitations au Sud-Liban. Ces actes auraient eu lieu après l’évacuation forcée des civils des zones frontalières. Ils relancent les critiques sur le respect des populations et des biens en temps de guerre.
Les témoignages en provenance du sud du Liban décrivent des comportements de soldats israéliens dans certaines habitations qui dépassent largement le cadre d’opérations militaires classiques. Fouilles systématiques, dégradations, pillages présumés et attitudes moqueuses envers les effets personnels des habitants, notamment des vêtements, sont évoqués. Ces pratiques, si elles sont avérées, soulèvent des questions sérieuses sur le respect des civils et de leur dignité dans les zones de conflit.
Les images sont dégoûtantes, horribles à voir.
— InfoSudLiban (@InfoSudLiban) March 17, 2026
Des soldats israéliens opérant dans le sud du Liban à Marjayoun s’introduisent dans des domiciles laissés vacants par des réfugiés et s’approprient des biens personnels et se mettent en scène avec ces objets. pic.twitter.com/1bzlVOWeKC
En effet, après avoir exigé le déplacement de près d'un million de Libanais sur une population de six millions de personnes, l'armée israélienne a commencé à entrer dans le territoire du pays du Cèdre, fouillant les domiciles, vides parfois totalement en ruine. Plusieurs soldats se sont filmés, fouillant les habitations, se moquant hilares de la décoration, des vêtements. Des scènes qui ont provoqué l'ire de la population libanaise sur les réseaux sociaux.
Même comportement dans la bande de Gaza
Ces accusations font écho à des faits documentés lors des opérations à Gaza. Une enquête avait mis en lumière des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrant des soldats israéliens se filmant dans des mises en scène d’humiliations, de destructions ou de pillages, dans un climat décrit comme marqué par un « sentiment d’impunité » . Ces images, parfois relayées avec légèreté par leurs auteurs, ont suscité une vive controverse internationale.
La répétition de tels comportements, d’un théâtre d’opérations à un autre, alimente les critiques sur une possible banalisation de pratiques contraires au droit international humanitaire. L’irruption des réseaux sociaux dans les conflits contemporains accentue encore cette perception, en exposant publiquement des actes qui, autrefois, restaient invisibles.
Au-delà de la dimension militaire, ces attitudes ont un impact profond sur les populations civiles. Elles renforcent le sentiment d’humiliation, aggravent les tensions locales et compliquent toute perspective d’apaisement. Dans des sociétés déjà marquées par la guerre, ce type de comportement peut laisser des traces durables, bien au-delà des destructions matérielles.
Enfin, ces dérives interrogent aussi les mécanismes de contrôle et de responsabilité au sein des armées modernes. L’absence perçue de sanctions ou de régulation face à ces actes contribue à nourrir les critiques, et pose la question du respect des normes éthiques dans des contextes de guerre de plus en plus médiatisés.