Silence complice sur les frappes israélo-américaines : l’Europe condamne Téhéran pour ses représailles
© Getty ImagesLe E3 et l’UE condamnent les frappes iraniennes tout en gardant un silence complice sur l’opération israélo-américaine. La crise souligne le poids limité de l’Europe dans la gestion stratégique du conflit.
Le groupe E3, réunissant l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, a dénoncé le 1er mars les frappes menées par Téhéran en représailles aux attaques israélo-américaines ayant entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, tout en gardant un silence complice sur l’opération israélo-américaine.
Les dirigeants européens ont dénoncé des frappes jugées « aveugles et disproportionnées », visant notamment des pays accueillant des bases occidentales et causant plusieurs victimes en Israël. Berlin, Paris et Londres ont averti qu’ils pourraient prendre des mesures défensives pour protéger leurs intérêts et ceux de leurs alliés, tandis que Londres a autorisé l’utilisation de certaines bases britanniques par les forces américaines.
Deux poids, deux mesures
À Paris, Emmanuel Macron a réuni un nouveau Conseil de défense après qu’un drone iranien a frappé un hangar d’une base française aux Émirats arabes unis, sans faire de victimes. Le président français a annoncé un renforcement du dispositif militaire, estimant que les frappes iraniennes ne pouvaient être justifiées, tout en soulignant la nécessité d’éviter une extension régionale du conflit.
L’Union européenne a également condamné des attaques qualifiées d’« inexcusables », appelant à la désescalade. Toutefois, le communiqué commun n’a pas évoqué explicitement l’opération militaire israélo-américaine à l’origine de l’escalade, illustrant un positionnement perçu comme asymétrique. Plusieurs États membres, dont l’Espagne, ont néanmoins critiqué les actions militaires unilatérales, révélant des divisions internes.
Un nain diplomatique
Cette séquence met en lumière le rôle limité de l’Europe dans la gestion directe de la crise. Soucieuse de préserver la relation transatlantique, l’UE apparaît incapable d’imposer une médiation. La convocation d’un Conseil de sécurité européen par Ursula von der Leyen illustre une volonté de coordination face à un conflit sur lequel les Européens disposent d’une influence restreinte.