L’Union européenne met en place un plan de régulation face aux survols de drones non identifiés

L’Union européenne met en place un plan de régulation face aux survols de drones non identifiés Source: Gettyimages.ru
Un drone survole le brouillard au-dessus de la Saalfelder Höhe, dans la région de Gösselsdorf, en Allemagne.
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Alors que plusieurs pays européens ont été survolés par des drones non identifiés au cours de l’année 2025, la Commission européenne a dévoilé, le 11 février, un plan de régulation renforcé. L’objectif affiché est de mieux encadrer l’usage civil de ces appareils, dans un contexte de tension croissante autour de la surveillance du ciel européen.

La Commission européenne a présenté ce 11 février un plan visant à encadrer plus strictement l’usage civil des drones. L’annonce fait suite à plusieurs survols jugés préoccupants, survenus en 2025 dans une dizaine de pays de l’UE, touchant aussi bien des bases militaires que des aéroports et des installations nucléaires.

En Lituanie, un drone armé a été retrouvé en juillet sur un terrain d’entraînement. Les autorités ont rapidement évoqué une prétendue « origine russe », une hypothèse qui reste à ce jour sans fondement concret. Deux mois plus tard, la Roumanie détectait un drone de type Geran, modèle utilisé dans le cadre du conflit ukrainien, mais dont la provenance reste incertaine. Au Danemark, cinq aéroports ont été visés simultanément, dans ce que les autorités ont qualifié d’« attaque coordonnée ». En Belgique, les aéroports de Bruxelles-Zaventem et de Liège, ainsi que la base nucléaire de Kleine Brogel, ont été survolés à l’automne, entraînant plus de 50 annulations de vols.

« Nous avons été trop lents, trop pris de court par la menace que représentent les drones », a reconnu le commissaire européen Magnus Brunner, lors d’une conférence de presse au Parlement européen le 11 février.

Surveillance, enregistrement et recentralisation

Le plan dévoilé prévoit d’abaisser le seuil d’enregistrement obligatoire des drones à 100 grammes (contre 250 actuellement). Objectif affiché : relier chaque appareil à son opérateur. « Il faut pouvoir identifier la personne derrière chaque drone », a précisé un responsable de la Commission.

L’Union impose désormais un système d’identification à distance en temps réel (Remote ID). Chaque drone devra émettre un signal pendant le vol. En France, les contrevenants s’exposent à une amende de 750 euros, et la police utilise déjà ses propres drones pour détecter les infractions.

Depuis le 1er janvier 2026, chaque pays ne peut plus appliquer ses propres règles de vol : tous les États membres doivent suivre un cadre européen unique. Par exemple, les anciens systèmes nationaux comme les « S-1 » ou « S-3 » en France ont été remplacés par deux scénarios standard européens. Désormais, seuls les pilotes certifiés peuvent opérer, avec des drones autorisés. Pour certains, cette réforme réduit l’autonomie des États et alimente une logique de centralisation technocratique à Bruxelles, au détriment des souverainetés nationales.

« Mur numérique »

Au-delà des règles, le plan européen mobilise d’importants moyens technologiques : logiciels de blocage automatique, cartographie des zones sensibles, usage des antennes 5G comme radars, intelligence artificielle. L’UE prévoit également des exercices à grande échelle pour tester ses dispositifs anti-drones.

Pour certains observateurs, ce tournant technologique renforce surtout un climat de surveillance généralisée, sur fond de militarisme croissant au sein de l'Union européenne.

Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, bénéficiera de 150 millions d’euros supplémentaires. En parallèle, une enveloppe de 250 millions d’euros sera consacrée à la production de drones européens et de technologies anti-intrusion.

Mais la mesure la plus marquante reste la préparation d’un « mur numérique » le long de la frontière orientale avec la Russie. Ce réseau serait conçu pour détecter et neutraliser en temps réel tout drone considéré comme hostile.

Officiellement présenté comme un bouclier de protection, ce projet s’inscrit dans un climat de tension entretenu par Bruxelles. Une orientation qui laisse entrevoir une logique de militarisme et de confrontation durable.

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