Ukraine : Macron, Starmer et Zelensky signent une déclaration d'intention sur un déploiement de forces après un cessez-le-feu
© Tom Nicholson Source: Gettyimages.ruA l’issue d’une réunion à Paris de la «coalition des volontaires» ce 6 janvier, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont signé avec Volodymyr Zelensky une déclaration d’intention sur le déploiement en Ukraine d'une «force multinationale» après un cessez-le-feu.
Emmanuel Macron ne démord pas de l'idée d’envoyer des soldats occidentaux en Ukraine. Le président français, ainsi que le Premier ministre britannique Keir Starmer et Volodymyr Zelensky ont signé ce 6 janvier une déclaration d’intention sur le déploiement d’une « force multinationale » après un cessez-le-feu.
« Il s'agit d'une déclaration d'intention de déployer des forces en Ukraine en cas d'accord de paix » a précisé le bureau du Premier ministre britannique après la signature. « À la suite d’un cessez-le-feu, le Royaume-Uni et la France établiront des bases militaires à travers l’Ukraine et construiront des installations protégées pour les armes et les équipements militaires, afin de soutenir les besoins de défense de l’Ukraine », a déclaré Keir Starmer devant la presse.
Vantant « une avancée considérable » qui aurait été « scellée » entre les soutiens de Kiev lors de cette réunion, Emmanuel Macron a de son côté vanté une déclaration qui selon ces mots « vient pour la première fois reconnaître une convergence opérationnelle entre les 35 pays qui composent la coalition des volontaires, l’Ukraine et les États-Unis pour bâtir des garanties de sécurité robustes ».
Des garanties qui, selon le président français « sont la clé pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine », a-t-il insisté, réinvoquant ses billevesées de paix « juste » et « durable ».
Dans le détail, le président français a évoqué la mise en place de « mécanismes de surveillance » d’un éventuel cessez-le-feu en Ukraine qui « seront placés sous […] leadership américain, avec les contributions de plusieurs États qui ont marqué leur disponibilité ». Autre point mis en avant : un « soutien dans la durée » à des forces armées ukrainiennes et leurs « moyens ». Annoncées à « 800 000 » hommes, elles devront être capables « de dissuader toute nouvelle agression ».
Une présence militaire envers laquelle Moscou a toujours exprimé son refus
En troisième point, Emmanuel Macron a annoncé la « poursuite des préparatifs pour la mise en place d’une force multinationale dans les airs, les mers, sur le sol, pour apporter une forme de réassurance le jour d’après le cessez-le-feu et loin de la ligne de contact ». « Et puis quatrièmement, nous avons donc acté de traduire juridiquement ces engagements pour soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle attaque de la Russie par des mécanismes de solidarité et d’intervention », a ajouté le président français.
Ce dernier a, par ailleurs, évoqué une « entente » concernant « une cellule de coordination » devant permettre « d’intégrer pleinement l’ensemble des armées compétentes et qui permettra la coordination entre la coalition des volontaires, les États-Unis d’Amérique et l’Ukraine sur le plan opérationnel ». Une « cellule de coordination » qui, a précisé Macron, viendrait « en soutien » à l’État-major de la coalition actuellement situé à Paris.
Malgré le refus catégorique, exprimé à maintes reprises par Moscou, de voir des soldats des pays de l’OTAN fouler le sol ukrainien, cette idée de déployer des forces de pays occidentaux trotte dans la tête d’Emmanuel Macron – comme l’avait rapporté Le Monde – depuis au moins juin 2023. Une idée qu’il n’a cessé de remettre sur la table, depuis février 2024, , et ce malgré le désaveu des partenaires de la France.
Vingt-six membres de ladite coalition auraient « défini des soutiens », annonçait début septembre Emmanuel Macron « soit pour la régénération de l'armée ukrainienne, soit pour la sécurité sur son sol, dans ses airs, en mer » au lendemain d'un cessez-le-feu. En matière de troupes au sol, The Times ébruitait en avril que seules deux chancelleries étaient alors prêtes à envoyer ses soldats : Londres et Paris.